Une ancienne "colonie" française, la Centrafrique, est en guerre civile, religieuse, ethnique, et politique, depuis....quelques années. "Elle est sous tutelle de l'ONU, dont les contingents essaient de séparer les belligérants, chrétiens ET musulmans.

Nous y sommes intervenus il y a quelques années, par décision du Président François Hollande, la situation s'étant aggravée, au détriment de la fraction chrétienne, et les forces de l'ONU étant impuissantes.

Nos forces avaient été acheminées par avion, l'aéroport ayant été au préalable rendu accessible et sécurisé. Une foule de réfugiés du conflit s'y était agglutinée. C'est au milieu d'eux que nos troupes ont débarqué et ont pris position. 

Si la présence de troupes françaises soulageait la fraction chrétienne, en difficulté face à la musulmane, elle était au contraire dérangeante pour les autres forces armées, y compris celles de l'ONU, vexées par le constat d'échec, dont le Président François Hollande avait pris acte, en décidant l'intervention de notre armée.

L'accusation d'abus sexuels sur les plus vulnérables centrafricains fut le fait des fonctionnaires de l'ONU. Des faits de prostitution, banals dans les situations de guerre et de misère, ne sont pas impossibles, mais n'impliquent pas nécessairement la violence. L'échange est monnayé. Les fonctionnaires de l'ONU réunirent le nombre d'accusations suffisant pour mettre en difficulté notre corps expéditionnaire. Il nous fallait, malgré nos protestations, mettre à la disposition des enquêteurs de l'ONU les militaires dénoncés. Le gouvernement français fit ouvrir sa propre procédure par sa propre justice. Civile, la justice militaire n'existant plus réellement.

Cette action judiciaire se dégonfla presqu'aussi vite qu'elle avait été lancée. C'est plutôt l'impossibilité de faire valoir une solution politique, qui aboutit au renoncement et au retrait de notre corps expéditionnaire. L'ONU récupéra sa mission.

N'ayant aucune implantation exclusive en Afrique, la Russie et son chef mirent en actes leur intérêt pour la République Centrafricaine. Comme marché d'armes, d'abord. Officieux en direction des "irréguliers", officiel pour le pouvoir officiel, auquel la Russie propose sa coopération élargie: fourniture d'armes, formation à leur utilisation des forces "régulières". Pourquoi pas? Il est logique que la Russie réserve son appui au pouvoir reconnu. La Centre-Afrique a besoin d'une aide globale. Ce qu'elle peut donner en compensation est une autre histoire. Simplement, ce ne sont pas les journalistes des autres qui payent de leur vie leur curiosité, ce sont les siens. Trois journalistes russes ont été abattus par des rebelles ne faisant pas de distinction.

La vie n'a pas le même prix partout.

Sceptique