Il est difficile d'échapper au traitement médiatique du procès intenté à l'Église Catholique, par d'anciennes victimes d'actes à la fois pédophiles et homosexuels. 

D'un côté, l'Église, qui a, collectivement, honte de ce que ces faits aient pu exister, essaie de préserver son image en réglant "en famille", un problème impensable. De l'autre, des victimes et leurs soutiens, soucieux de mettre sur la place publique ces "histoires", de les faire juger par des tribunaux ordinaires, et punir par les moyens ordinaires. 

Une Église est immergée dans un monde ordinaire, mais s'en distingue par ses règles propres, recouvrant tous les faits intolérables, contraires à ses principes, à ses serments. Elle faisait, durant des siècles, son ménage, sa justice. 

Impitoyable sur les questions de doctrine, trop indulgente pour les manquements à la morale naturelle, dont elle était la gardienne, la garante.

Bien qu'elle essaie de garder dans ses murs les turpitudes de ses membres humains, elle a des comptes à rendre à la justice des nations qui l'hébergent.

Mais ce n'est pas "elle" qui en prend l'initiative! Ce sont les victimes qui se tournent vers la justice laïque, celle de l'État où s'est commis le délit. L'Église, quelle qu'elle soit, préférerait régler le problème en famille. Mais elle ne pourrait formuler une condamnation, prononcer une sanction. C'est, maintenant, partout, l'exclusivité du pouvoir judiciaire.

À l'intérieur de ses murs, immatériels, une église assume sa responsabilité tout en s'en cachant. Pour deux raisons: la dissimulation du scandale, le maintien en fonctions, si possible, du pécheur, dont l'engagement et la compétence sont des denrées rares à notre époque de reflux des religions (d'origine).

Mais le monde laïque qui l'environne ne s'en satisfait pas. Sa position dominante est la mise sur la place publique du scandale et des scandaleux. L'Église dont ils sont la honte doit être jetée en pature en même temps qu'eux et leurs actes.

Mon âge est certain, je suis issu de familles très catholiques, ayant fourni des prêtres à l'église à chaque génération, jusqu'avant la mienne, saisie par le doute.

Selon le récit familial, les prêtres donnés à l'Église n'ont pas tous été des saints. Mais c'est avec des femmes qu'ils réglaient leurs tourments, épisodiquement, ou durablement.

L'homosexualité et sa satisfaction pédophile ne sont apparues que plusieurs années après la deuxième guerre mondiale. Ce n'est que dans ce mouvement que la prêtrise s'est présentée à ces sujets comme une solution, une cachette idéale, une frustration contournable.

L'Église ne s'en est pas méfiée. Son obsession était la puissance séductrice des femmes. Le rôle réel du célibat des prêtres, la résistance au pouvoir séculier, était oublié. Les femmes étaient des voleuses de prêtres!

Il est certain que les prêtres pédophiles, entrés en catimini dans ses rangs, ont pu mener leur double vie sans trop de problèmes. Une famille est nettement plus encombrante.

On me dira que le renoncement au célibat des prêtres serait la solution. Pas pour ceux qui sont attirés par le corps masculin.

Sceptique