Que disait notre histoire, celle d'Ernest Lavisse, que ma génération utilisait encore? Que nous étions des bagarreurs, mais des "loosers", des perdants. La colonisation romaine nous a rendu la raison, les rois germaniques et leurs peuples guerriers, sont venus remplacer les consuls romains. L'ensemble disparate a formé le peuple français, qui peut, maintenant, se définir. Et se maintenir. Mais à quel prix! Que de sang pur a abreuvé nos sillons!

Nous trainons la réputation d'être ingouvernables....Quatre vingt-dix pour cent du temps. Le meilleur de notre histoire ne ferait que le reste, dix pour cent.

Il semble que ça suffit, un miracle! Nous pouvons nous regarder dans la glace de l'histoire. À condition qu'elle ne soit pas trop large.

Bien sûr, notre Président nous envoie une pique. Son propos est une plainte amère. Mais c'est notre talent que d'entendre les mots à l'envers.

Sous la quatrième, il ne serait passé que par la case Président du Conseil, et pas longtemps. C'était trop court, et facteur d'impuissance. Le Général De Gaulle a fait valoir son point de vue: un régime présidentiel, impliquant un vrai Président, pourvu de vrai pouvoirs. 

Mais la Gaule, elle, n'a pas changé, même en devenant France. Elle ne s'est pas germanisée jusqu'au bout des ongles. Elle en est loin, même.

Peut-être déjà dépité, le Président, par son propos, laisse échapper sa plainte.

La vision de ceux qui attendent la place, dont les incisives rayent le parquet, fait réfléchir. Le Président n'est pas parfait, mais on sait ce qu'on perdra, alors que nous n'avons qu'une faible idée de ce qu'on gagnera.

Sceptique