La série qui couvre le quinquennat de François Hollande, et la première année de celui d'Emmanuel Macron est unanimement de formation "littéraire", c'est à dire sans passage par les sciences de la nature, sauf à l'école primaire.

Avec ce maigre bagage, enveloppé d'idéologie écologique, passant de la bouche à l'oreille, l'impétrant, bombardé ministre, doit prendre des décisions radicales sur le travail de nos agriculteurs, de nos éleveurs, de nos industries alimentaires.

Bien sûr, des lobbyistes d'obédiences diverses bourdonnent autour d'eux, mais dans quelles proportions de "procureurs" et de "défenseurs"?

Ces derniers trouvent-ils dans les bureaux des appuis formés dans nos grandes écoles d'agriculture, ou de médecine vétérinaire? Ou, depuis le temps qui a vu la disqualification des sciences, le ménage des mal-pensants a-t-il été fait radicalement?

Ce que j'observe, dans ma région rurale, et à la lecture des publications professionnelles qui me parviennent, c'est qu'une hostilité et une méfiance réciproques se sont interposées entre les professions agricoles et les administrations dédiées.

Seuls les politiques, les élus, pourraient arbitrer les conflits créés ces dernières années. Mais l'électorat villageois concerné est réduit, globalement, et les professionnels de l'agriculture et de l'élevage ne dépassent pas le nombre des doigts d'une main, dans n'importe quelle commune rurale. Ce n'est pas à ce niveau qu'ils pèsent, mais par la puissance d'action de leurs syndicats. Elle est à la fois efficace et mal comprise, en raison même de la place réduite des professions agricoles dans la population des campagnes. Il y a une fracture évidente entre les professionnels et les résidents.

On a pu ressentir, il y a quelques semaines, la tension sur la question du glyphosate, le désherbant "fétiche" des agriculteurs. S'il est possible aux jardiniers et aux maraichers de s'en passer sur leurs petites surfaces, ça ne l'est pas pour une agriculture extensive et mécanisée. Les "adventices" doivent être éliminées des champs, avant les semis. Le desherbant est pulvérisé sur les terres,avant la culture programmée. Quand toutes les pousses indésirables sont touchées, le résidu d'herbicide n'est plus actif. Il est possible de semer. Les semoirs d'aujourd'hui enfouissent les graines dans une terre qui n'est plus dangereuse.

Mais qui veut noyer son chien lui trouve la rage. "On" l'a trouvée au glyphosate. Il peut être nocif à l'homme qui l'utilise. Il est sûrement dangereux d'en ingurgiter. Mais les utilisateurs le savent et prennent leurs précautions. Les cas d'intoxication aiguë sont accidentels et rarissimes. Bien plus rares qu'avec n'importe quelle gnôle!

La rage a pris le nom de cancer. La découverte d'un cancer chez un agriculteur déclenche la recherche d'une utilisation du désherbant. S'i en a usé, le soupçon nait, et se développe à la même vitesse. Un cancer chez un utilisateur devient une preuve. Ce n'est pas scientifique, mais c'est facile. Et la facilité est la facilité.

Pour les gens des villes, se priver du glyphosate est facile. Les mauvaises herbes ne poussent que dans les fissures. Dans un champ de plusieurs hectares, c'est une autre affaire. C'est pourquoi un conflit est né entre les citadins et les campagnards. Leurs champs ont parfois besoin d'être nettoyés? Le faire à la main n'appartient plus à notre temps.

Le conflit est remonté de la base jusqu'au Ministre, sommé d'arbitrer, d'agir. La tentation de la facilité fait cibler le désherbant. Puis, le paysan.

Ce point a été atteint récemment. Mais les européens ne se sont pas ralliés à l'absolutisme des français, chauds partisans de l'interdiction immédiate, sans attendre une solution de rechange (qui sera, forcément, un nouveau desherbant. 

Prendre une mesure ne touchant que les agriculteurs français aurait créé un problème humain, social, et économique, à leur détriment . Il a fallu s'aligner sur la majorité, non sans grogner.

La science étant "out", maintenant, en France, les impatiences se sont déchainées. Un jugement, en première instance, aux États-Unis, a crispé les positions*. La plus acerbe écarte les aspects financiers des plaintes. Les dollars sont en jeu par millions. Aux États Unis, les avocats sont chers.

Sceptique