At'il été nécessaire d'organiser la religion catholique, après la loi de séparation? Napoléon a-t-il eu besoin d'organiser la religion juive? Elle l'était avant son intégration officielle dans la communauté nationale. Quant aux églises protestantes, le silence qui les entoure témoigne de leur pacifisme., dans l' environnement actuel.

L'islam existe en Fance depuis nos conquêtes de l'Algérie en 1830, et les protectorats imposés au Maroc et à la Tunisie, pour mieux contrôler les frontières devenues communes.

L'Islam en France se justifie par ces liens de domination, et le recrutement de combattants algériens et marocains. Je n'ai pas connaissance de recrutements de combattants tunisiens. Ce n'est peut-être qu'une ignorance. Ils n'ont sûrement pas été très nombreux, et n'ont pas constitué des unités homogènes, définies par leur origine.

La France est devenue pour les peuples de ces trois pays une destination "normale", à la recherche d'un travail, ou pour y faire des études. Des diplômés ont fait souche en France, y ont créé leur famille. 

Après la seconde guerre mondiale, une vague d'immigration, appelée, est venue participer à la reconstruction et au redémarrage de l'industrie, sur le modèle américain du travail à la chaine, moins exigeant en matière de formation.

La fin de notre "empire" n'a pas été suivie par le retour des immigrés dans leurs pays d'origine. Au contraire, ils ont fait de leur exil un fait irréversible.

Ils étaient en quasi totalité musulmans, et ont exprimé des besoins d'une assistance religieuse. La Mosquée de Paris a oeuvré dans ce sens, et les nations d'origine (Algérie, Maroc, Tunisie), ont organisé leur concours, centré sur leurs nationaux.

La nation d'accueil, la France, n'avait aucune raison de s'en mêler, au nom de sa laïcité , affirmée. Mais le contrôle des cultes par des nations étrangères n'a pas tardé à interpeller nos politiques et notre administration.

À tous les échelons de notre organisation territoriale, il a été nécessaire de prendre en compte l'implantation d'une religion immigrée, de lui faire une place, d'admettre ses coutumes, ses particularités alimentaires, tout en respectant notre principe de laïcité, qui écarte tout soutien politique ou matériel à une religion. Les édifices des cultes restent de la responsabilité des communes, qui délivrent les permis de construire.

Le principe est de tolérer, mais de ne pas aider, participer.

 Par contre  l'existence de sentiments hostiles de la part de musulmans, à l'égard de nos coutumes, incompatibles avec leurs convictions, nous place en face de leur intolérance.  Notre laïcité, dont ils bénéficient, est difficile à supporter  par une religion qui se définit comme unique, et à vocation universelle, devant remplacer à terme toutes les autres. L'islam ne sépare pas la religion et la politique.

Ça ne nous émeut plus, étant passés par cet universalisme, et avoir été contraints, par la résistance des autres religions, à y renoncer, à tolérer les "erreurs"à accepter une cohabitation pacifique, garantie par un État laïc. 

Pour autant, chaque étape de notre marche vers une société laïque s'est accompagnée de souffrances intimes. Les guerres, européennes avant d'être mondiales, ont contribué, mais à quel prix, au renforcement du sentiment national, aux dépens des identités régionales, mais aussi religieuses. Les bouderies des nostalgiques des confrontations religieuses sont au stade confidentiel. Elle n'aboutissent plus à des actes.

C'est du coeur du Moyen-Orient que parvient une crispation de la conscience musulmane, troublée par l'effondrement des empires turcs et arabes, sous la pression des nations européennes, transformées par les révolutions industrielles des 18 et 19èmes siècles. Le rapport des forces, longtemps favorable aux conquérants musulmans, arabes et turcs, s'est totalement inversé au profit des puissances "européennes" et de leur prolongement nord américain. Qui s'est décidé, progressivement, à s'occuper de cette partie du monde, riche en pétrole, la nouvelle source d'énergie compatible avec les innovations technologiques du 19ème siècle.

La coalition anglo-américaine a imposé au monde musulman son contrôle économique et militaire, d'un bout à l'autre du vingtième siècle. Un recul relatif, lié au repli isolationniste américain, est actuellement observable.

Les rapports de forces qui organisent le monde, dans ses moindres parties, maintenant, semblent évoluer plus lentement, et prudemment. La tentative islamiste de confessionnaliser les différends existants a rencontré une résistance politique et militaire, tant interne qu'internationale, dont le succès s'affirme et se consolide. L'islamisme perd du terrain et le soutien des États musulmans.

La complexité et l'étendue du sujet m'ont éloigné de ma réflexion originaire. En apparence.

Les religions, et les idéologies, ont un passé, et un présent, mais, à mon avis, aucun avenir, malgré, ici ou là, des idées farfelues montées en chantilly ou en mayonnaise. Elles ne mobilisent plus les foules, les autorités civiles n'en perdent plus le contrôle. Les foyers résiduels de l'extrémisme sont toujours mortifères, mais ne sortent plus de leurs frontières en masse. Les états, aguerris, leur résistent. Le terrorisme n'a jamais, à lui seul, changé le cours de l'histoire.

On me dira:"et le salafisme, et l'islamisme, les nids à terroristes? Il ne s'agit plus d'organisation, mais de dérive fanatique et terroriste, tombant sous le coup de la loi ordinaire. Les imams délivrant ces messages seront interdits, expulsés s'ils sont étrangers, interdits et poursuivis devant la justice pénale, s'ils sont français. Leur remplacement sera l'affaire des organisations musulmanes. Les mêmes causes entraineront parfois les mêmes effets, jusqu'à l'épuration obtenue. 

La patience sera nécessaire, car ces solutions ne recevront peut-être pas l'unanimité des communautés musulmanes. La République laïque et ses principes, Liberté, Égalité, et Fraternité devra être acceptée à l'unanimité.

Sceptique