L'autobiographie qu'Emmanuel Macron a écrite, pour expliquer sa stupéfiante ambition, ne faisait, si je me souviens bien, aucune place à son père, ni davantage à sa mère, dans la construction de sa personnalité. Une grand-mère les avait remplacés, et le futur Président lui attribuait tout ce qu'il était devenu, un jeune homme brillant, instruit, cultivé, faisant l'admiration de ses professeurs, de tous ceux, pour lesquels, ou avec lesquels, il avait étudié, puis, travaillé. L'École Nationale d'Administration, n'était qu'un de ces points d'appui qui lui permettraient d'accéder à la seule fonction, en France, permettant d'appliquer ses idées, de les mettre en actes, la Présidence de la République.Y pensait-il, au cours de ses études? Je ne le pense pas. Je situe son agacement, et son ambition réactionnelle, à son passage par le gouvernement de Manuel Valls, François Hollande étant Président de la République.

Ce sont des hommes déjà "en place", en vue, en fonction, qui ont été convaincus de sa valeur prometteuse, et se sont faits ses supporters, dès qu'il a dévoilé ses batteries.

Parmi ses mentors, Gérard Collomb, le Maire de Lyon, a été un des plus actifs, des plus confiants, affectueux et attentionné. Puis, à l'approche de l'élection, sa rencontre avec François Bayrou, Président du Modem, et candidat à presque toutes élections présidentielles, a bouleversé l'ambitieux centriste, qui s'est converti en son soutien ardent et sincère. Qui voudrait bien, constatant les difficultés actuelles du Président Macron, être écouté, et..entendu. Mais il ne peut en être certain!

Mais une brouille est observée entre le Président et Gérard Collomb, qui a annoncé qu'il quitterait le gouvernement, dès que le moment, les élections municipales, serait venu, pour soumettre sa candidature à ses chers lyonnais. Au niveau le plus simple, l'émancipation du Président en est la principale raison.

Son prédécesseur, François Hollande, qui n'a jamais caché son dépit de voir un de ses "poulains" se poser en rival et, finalement, conquérir sa place, accompagne ses critiques d'allusions à une candidature à la prochaine présidentielle, en 2022!

Le Président Macron n'est pas dépourvu de soutiens, appartenant à sa génération, à sa promotion de l'ENA, à ses cabinets, ou à ses fidèles qui oeuvrent avec lui à l'Élysée. Mais il parait cependant seul, face à ce mauvais vent qui souffle sur l'action gouvernementale, la rendant hésitante, non tranchante. 

Les simples replis, les défections discrètes, ou assumées, montrent que la Présidence de la République ne peut se comparer à un règne royal, qui postule une fidélité sans failles.

Le contraire est tellement prévisible, que l'inspirateur et les rédacteurs de la constitution de 1958 ont fait de la Présidence un statut solide, à l'épreuve des attaques. Les nostalgiques de la IVème République, du régime parlementaire n'ont pas désarmé, et s'expriment à l'occasion de chaque difficulté du pouvoir.

Il n'empêche, les partis hostiles au Président Macron, qui n'ont pas contribué à son élection, accompagnent bruyamment les critiques qui convergent vers lui. Il n'y réagit pas, ce qui est conforme à la position qu'il a toujours prise, depuis son élection, et ses partisans adoptent la même placidité. Ont-ils raison, l'un, et les autres?"Qui ne dit mot consent", le silence n'est pas forcément bon. Et comme l'action n'est pas suffisamment spectaculaire pour ramener vers lui les approbations, son silence, tout d'or* qu'il soit, aggrave sa position.

Heureusement, il a créé un choc, à l'Assemblée Générale de l'ONU, par un discours "culotté" contre la vision politique du Président américain Donald Trump. Il s'est placé à la tête d'une opposition internationale contre la politique négative du Président américain.

Quels en seront les effets?Les français sont les premiers à en douter, mais des surprises sont possibles.

Dernière remarque: pouvions-nous-nous faire plus, que peser de toute notre raison? Non, je pense.

Sceptique

*Il aurait décidé de réaliser en Guyane française la mise en exploitation d'un important gisement d'or, actuellement "gratté" par des orpailleurs clandestins, qui usent du mercure pour fixer les particules d'or, entrainées par l'eau qui lave le minerai. La rentabilité de cette méthode très polluante suffit aux orpailleurs. Mais des moyens plus industriels constitueraient des ressources intéressantes au profit du D.O.M., sans pollution problématique. Les non-guyanais lèvent les bras au ciel, comme d'habitude. C'est du néo-colonialisme qui s'ignore!