Parmi les grondements qui s'entendent,à la télévision, ou qui s'impriment dans nos journaux, celui qui s'entend le plus fort, est le comptage des millions d'euros, que notre État avoue rafler aux automobilistes, grâce aux radars automatiques essaimés par centaines le long de toutes nos routes, même départementales.

La religion des français est faite: les radars n'ont d'autre raison d'être que la collecte de cette manne, qui n' a pas besoin d'être votée, dont le montant n'est pas prévu dans le budget. Un "bonus" imputable aux pressés et aux passionnés de la vitesse...sur route. Une majorité.

Qui nie que la vitesse provoque et aggrave les accidents. Ceux qui en commettent sont rétroactivement "indignes", de faire partie des "parfaits", pourvus d'un permis de conduire à douze points.

Selon eux, ce sont les radars qui sont volontairement mal réglés, qui "flashent" dès dix kmh en dessous de la vitesse autorisée. Peut-être même moins encore. Une arnaque d'État, officielle, un impôt déguisé, disent-ils.

Le journaliste Rochefort, un pionnier, au dix-neuvième siècle, a écrit que la France était peuplée de N millions de sujets, sans compter les sujets de mécontentement. Sa formule, comme celle d'un pharmacien, est toujours valable.

Elle a, cependant, la faiblesse d'être "pifométrique". Un autre chiffre permet d'évaluer l"effet de ces mesures persécutives: le nombre de morts sur les routes concernées a sensiblement diminué.

Ce nombre continuera-t-il sur la même pente? Ou augmentera-t-il de nouveau?Il serait dans l'ordre humain qu'après un creux, il reprenne sa hausse, jusqu'à la mesure suivante.

Sceptique