Deux informations, mettant en relation de cause à effet un possible crime et une religion, ont résonné dans les médias, depuis quarante huit heures.

La première est la disparition du journaliste saoudien Kashioggi, employé et missionné par le quotidien Washington Post, entré dans le consulat de son pays à Istamboul, pour y mettre à jour ses papiers, mais jamais ressorti. Des voyages d'employés du consulat vers Ryad, avec leurs bagages, ont été reliés à cette disparition suspecte, bien sûr, niée.Selon les dires du personnel consulaire d'Istamboul, le journaliste n'est jamais entré dans l'enceinte du consulat. Mais son entrée a été attestée par plusieurs témoins, interrogés par la police turque. Le Président Erdogan n'a pas apprécié!

La seconde est une déclaration du Pape François, décrivant l'avortement, l'interruption de grossesse, comme "un crime confié à un tueur à gages".

On me dira, dans un cas, il est question d'un acte, imputé à un chef à la fois politique et religieux, celui de l'Arabie saoudite, et de l'islam wahabite. Dans l'autre, un jugement d'un acte décriminalisé par de multiples sociétés laïques, qui ont séparé leurs lois, civiles et pénales, des prescriptions de leur religion majoritaire. Dont l'État n'est plus le bras séculaire*.

Les religions et les doctrines politiques font partie des passions, et ces dernières ne reculent jamais devant le crime pour apaiser leurs tensions, ou leur désapprobation d'une "trahison".

Il est évident que dans le premier cas, la raison d'État a été appliquée en bloc, dans toute la rigueur d'un État confessionnel.

Et dans le second, la spécificité de l'Église catholique, "apostolique et romaine", confère à la parole du pape un statut politique et juridique.

Mais il n'oblige que les catholiques, là où la religion et l'État sont séparés, ce qui est la situation maintenant majoritaire. L'Amérique latine reste une exception. Sans être religion d'État, l'Église Catholique y a encore un grand poids. Elle fait pression sur la société laïque, lui imposant ses convictions, encore majoritaires dans l'opinion.

Sceptique

Pendant des siècles, et encore aujourd'hui dans divers pays, la religion majoritaire est "d'État", ce qui oblige l'État qui la reconnaît comme telle, de la protéger, et de lui prêter "main forte", si elle le demande, pour régler une situation particulière. Par définition, la laïcité, obligation spécifique que d'attribue l'État, n'aide aucune religion en particulier. Elle les protège toutes, pour leur appartenance à la société.

 

11/10/2018 Le scandale déclenché par les propos du Pape rappelle ce qu'est une religion, en général. Elles sont toutes fondées sur l'animisme archaïque, qui a formé toutes les suivantes. Le postulat d'une âme immortelle se prolonge dans le respect du corps quitté par l'âme, puis dans celui de l'âme, non communicante, mais érigée en juge, devant lequel le survivant est comptable. Le postulat de l'âme attribuée à toute vie dès la conception, conduit directement au caractère criminel de l'avortement.

Toute religion crée une logique, définissant les vérités, et les erreurs. Les démonstrations sont inutiles. Il suffit de se reporter au mythe fondateur, écrit, ou non. Le pape est présumé croire en ce qu'il dit, en la mission qui lui est confiée. Il n'a de comptes à rendre qu'à ses ouailles, pas aux non croyants qui l'écoutent, mais le désavouent. Mais ceux-ci sont libres d'agir selon leur conscience.