Quelque part en France, à l'orée d'un village dont le charme a séduit quelques citadins, l'un d'entre eux, occupé à l'extérieur de sa maison, a subitement été incommodé par le traitement qu'un agriculteur appliquait à un de ses champs.

Affolé, il a appelé les pompiers, qui l'ont conduit à l'hôpital, où on l'a soulagé et rasssuré. Mais l'alerte est montée jusqu'au préfet, qui a prononcé la suspension de l'usage du produit suspect.

Produit pourtant autorisé, spécifique du traitement d'une maladie spécifique d'une culture.

Pour une partie de l'opinion d'aujourd'hui, les intérêts des agriculteurs n'ont plus aucun poids face à ceux des autres catégories de la population. Si des gens de la ville décident de profiter des charmes de la campagne, bien réels, les agriculteurs sont priés de remballer les traitements qu'ils appliquent à leurs cultures diverses, pour traiter, ou prévenir, les maladies ou les agressions spécifiques de ce qu'ils ont planté, ou semé.

Une affaire identique a tenu une place importante, il y a quelques années, dans le bordelais. Le vent avait rabattu le traitement d'un vignoble sur...l'école du village, située en bordure du village, au voisinage de ce vignoble. Les enfants et les enseignants avaient été incommodés, et inquiétés

Soit en raison de leur charme, soit par l'effet de la politique menée par le maire et son conseil, la population de nombreux villages se diversifie. Le nombre des agriculteurs, ou éleveurs, est réduit à un minimum, et ne bouge plus.Le reste de la population, de quelques dizaines à quelques centaines, rassemble des retraités, et des actifs qui quittent le village le matin, et y reviennent le soir. Le village est devenu "dortoir". Une paix règne habituellement entre les deux catégories....sauf quand il se produit un incident qui touche à l'agrément des villageois....par choix.

De temps en temps, des conflits à la Clochemerle éclatent à propos d'un chant de coq, ou d'un chien de garde trop zélé. Tout dépend, alors, de la ténacité du plaignant. La jouissance du bien étant prévalente, sans réserve d'ancienneté, le dernier arrivant peut faire contraindre son voisinage à satisfaire ses exigences.

Plus sérieux sont les conflits avec les agriculteurs, minoritaires, mais subsistant de leur travail, cultures, ou élevage. Un problème de jouissance peut s'opposer aux nécessités de l'exploitation. Comme on le voit de plus en plus souvent, les nécessités de l'exploitant sont secondaires en regard des nuisances réelles ou alléguées. Le renfort spontanément apporté par les écologistes donne des envies de jacqueries violentes.

Ça ne gênerait personne que des entraves soient imposées aux exploitants agricoles, sauf ces derniers, évidemment. La République n'est plus sans discussion le lieu commun d'un peuple diversifié, mais de plus en plus, pour certains esprits, le bien d'une majorité, qui s'affirme comme telle.

Une dérive inquiétante, qui ne trouble pas encore assez....la majorité. Qui va arbitrer cette situation, en développement?

Sceptique