Comme la dénomination internationale use de la langue anglaise, on prend un peu de distance avec l'expression, en en usant pour nos faits divers.

Il y a "un certain temps", deux semaines, peut être, une information a ramené l'attention sur les violences juvéniles. Un adolescent était mort, au cours d'une rixe entre bandes, qui avaient abusé des barres de fer.

On imaginait bien l'effet d'un tel amplificateur de la violence. Quel crâne peut résister à un ou plusieurs coups de barre de fer. L'horreur faisait frémir toute la gent "normale" de France. Elle était signée par une frange qui s'était exclue de la société "normale".

L'enquête démarrait, d'abord vers les deux bandes rivales qui en étaient venues aux mains, prolongées par ces armes de fortune.

Première surprise, hier, le médecin légiste qui pratiquait l'autopsie de la victime, faisait savoir qu'aucune trace de violence n'était repérable sur le corps de l'adolescent.

Peu de temps plus tard, c'étaient les présumés coupables qui affirmaient qu'il n'y avait eu aucune bagarre entre eux, avec ou sans barres de fer.

Quant à l'autopsie, elle mettait en évidence un oedème aigü du poumon, conséquence d'une défaillance du ventricule gauche.

L'adolescent avait été, simplement, victime de son coeur malade. C'était trop simple pour les commentateurs, invraisemblable, aussi, tellement sont maintenant rares les affections cardiaques des enfants et adolescents. Ce n'était pas le cas avant l'apparition de la pénicilline, où les infections par le streptocoque hémolytique se compliquaient souvent d'endocardite, et de lésions des valvules.

En ce qui concerne la jeune victime dont il est question, une cardiopathie congénitale est plus probable qu'une complication d'une infection au streptocoque.

Qui a fabriqué ce bobard? On le saura peut-être un jour. Mais on mesure déjà son injustice.

Sceptique