Habitant des Hauts de France, et assoiffé d'informations, je n'ignorais pas l'annonce de chutes de neige sur les départements du massif central. Mais mon intérêt n'avait aucun rapport avec un projet de voyage. Un signe d'arrivée prématurée de l'hiver, comme pour réparer les abus de l'été.

Dire que j'ai été surpris, ce matin, d'apprendre la mésaventure de près d'une centaine* d'automobilistes, engagés obstinément sur la nationale 88, et enveloppés, arrêtés, et frigorifiés par de la bonne neige bien fraiche, serait faux.

Non, je n'ai pas été surpris. Je nous connais. Il n'y a aucun phénomène météorologique qui ne surprenne et ne gâche le voyage d'un nombre conséquent d'automobilistes. Un complément sous forme de victimes de congélation définitive, ou de noyade, est rare. Quelques victimes par an, des phénomènes vraiment très violents.

Grâce à l'action immédiate et efficace de nos services de secours, pompiers et autres, qui se précipitent vers les naufragés de la route, les transfèrent si possible vers les "points chauds" mis en place par une administration dévouée, s'excusant presque de la mauvaise surprise.

Comment peut-on expliquer une telle constance dans le panurgisme? Par la pensée magique, qui s'impose à de multiples sosies de nos champions de rallyes, des neiges, ou autres. 

Supprimer, pour inutilité, les informations météorologiques, serait très mal vécu, autant par les auditeurs orgueilleux, que, légitimement, par les vedettes de ce service très prisé.

Non, on veut de la météo, mais pour mieux la défier. J'ajoute que ce travers concerne, en fait, toute l'humanité. Étonnant, non? Nous sommes comme tout le monde. C'est vexant!

Sceptique

* Sur l'ensemble du réseau routier de la région, c'est par centaines que des automobilistes aventureux ont été bloqués.