L'archipel de la Nouvelle Calédonie, une possession française, faisant partie de la deuxième vague de colonisation des puissances européennes, au dix-neuvième siècle, soumet son avenir aux résultats d'un référendum, proposé à sa population.

Lors de sa prise de possession, par une force navale française, nous avons trouvé une population, les canaques, maintenant kanaks, qui n'était pas en mesure de nous résister. Le peuplement français s'est fait autoritairement avec des proscrits, criminels, ou mal-pensants. La qualité des sols et du climat les a attachés, eux et leurs descendants, à ce paradis inconnu. Plus tard, la découverte et la mise en exploitation de gisements de nickel, a attiré de nouveaux migrants, d'origines diverses.

La réaction des peuples autochtones des territoires conquis et annexés, a reçu ses arguments et ses soutiens des idéologies révolutionnaires, réactionnelles au développement capitaliste, et aux déséquilibres sociaux qu'il a créés. Mélangés aux méfaits de l'économie triomphante, ceux des colonisations ont abouti à une alliance idéologique entre les révolutions socialistes et les résistances aux colonisations, soumettant des peuples à leurs conquérants, en avance technologique et militaire.

La deuxième guerre mondiale a sensiblement affaibli les nations conquérantes, et démontré leur vulnérabilité. Se procurer leurs armes, s'instruire à leur usage, rétablissait l'équilibre des forces. Comme elle a, de plus, consolidé les révolutions marxistes, ces dernières ont pu ajouter à leur arsenal leur action idéologique auprès des intellectuels des pays colonisés. Dès les années 1960, de gré, ou de force, la vague des colonisations de la deuxième moitié du 19ème siècle, avait reflué jusqu'à sa ligne de départ. 

Seuls quelques "confettis" ont subsisté, du fait de leur faiblesse structurelle, d'une indifférence des puissances nouvelles, davantage préoccupées par leur handicap technologique face aux États-Unis, on peut dire uniques vainqueurs de la deuxième guerre mondiale. Les associés à la victoire sur l'Allemagne nazie et le Japon, n'avaient rien d'autre à proposer au monde que leur force brutale. Un "erzatz" de colonisation.

La Nouvelle Calédonie a fait partie des oubliées de la guerre. Non envahie par les japonais, que je sache, elle a poursuivi son "bonhomme de chemin", administrée par les fonctionnaires venus de la métropole, ravis d'y séjourner le plus longtemps possible. Quant à la grogne des Kanaks gagnés par les idées anti-colonialistes, elle a pris quelques années pour attendre la force critique, le passage aux actes. Ce fut l'affaire d'OUVÉA, une île de l'archipel, où le premier acte hostile des kanaks s'acheva par une vingtaine de morts, dus aux combats.

L'événement eut comme conséquence une prise de conscience du problème par nos politiques. Mais comment satifaire les aspirations d'une population devenue minoritaire depuis longtemps, n'ayant comme argument que sa qualité de "premier" occupant. Le monde aurait beaucoup à refaire, à partir de ce motif!

En considérant l'ensemble de notre "Empire", la quasi totalité qui a retrouvé sa souveraineté avait une population autochtone nettement plus importante que les colonisateurs présents sur les lieux. 

Ce n'est pas le cas des confettis qui sont restés dans l'ensemble français, sa "Métropole", et son "outremer".

Dans tous les territoires constituant l'outremer, ce qui est parlant, il existe des mouvements indépendantistes.

Mais dans aucun, ils ne parviennent à présenter un projet économiquement viable, comparable à la situation politico-économique permise par l'appartenance à un ensemble français, assurant l'égalité entre tous ses citoyens. L'opinion raisonnable reste partout majoritaire*.

Le référendum organisé en Nouvelle Calédonie est annoncé, par les sondages, comme favorable au maintien de la Nouvelle Calédonie dans l'ensemble français. Ce résultat sera-t-il accepté, "démocratiquement"? 

Aux résultats!

Sceptique

*Si la "métropole" était consultée, le résultat ne serait peut-être pas le même.

Après le résultat: La majorité en faveur du maintien dans la République est moins franche qu'annoncé et espéré. Elle n'atteint pas 60%, et sépare nettement kanaks et caldoches. L'esprit conservateur des coutumes , affiché par les kanaks, est un facteur de pessimisme.L'affirmation de la hiérarchie tribale, maintenant les jeunes dans leur minorité, est doublement un handicap** Comme il est prévu d'autres référendums, une opposition  tenace entre les communautés finira par user l'optimisme de caldoches, obtenir leur résignation au départ. Surtout si les Kanaks choisissent le harcèlement chronique. La raison ne gagne pas souvent face aux passions.

**La notion de majorité, accordant un statut d'adulte à partir d'un certain âge, est un fait de culture, propre, à ma connaissance, aux sociétés modernes, pas encore universelles.