C'est le quotidien politico économique, l'Opinion, qui le signale: entre faible participation et scandales compensatoires, nos syndicats sont malades, de dépression sérieuse, et d'anémie graisseuse*, en même temps.

Même leurs dirigeants sont raplapla, quand ils ne sont pas sur un siège éjectable.

Il est vrai que du côté du secteur privé, en porcelaine, ils n'ont pas intérêt à lancer des offensives. Et le défensif n'aboutit qu'à des faillites.

Du côté des services publics, ils rencontrent une résistance, imprévue, depuis longtemps oubliée, mais de retour coriace. Il n'y a plus de sous permettant d'être généreux, et les citoyens ne veulent plus "cracher au bassinet".

Leur discours est toujours le même, mais leurs victimes et leurs adhérents ne les écoutent plus. À ces derniers, on explique le risque de faillite, et de perte d'emploi. Ça calme.

Notre système syndical a un point faible, gravement faible: l'adhésion n'est pas obligatoire, mais la réussite d'une revendication, présentée par un syndicat, profite à tous les salariés concernés. À quoi bon en choisir un et cotiser! À quoi bon signer un accord?

Le résultat, tous les syndicats tirent le diable par la queue, et vivent des subsides directs ou indirects de l'État. Un financement malsain.

Bien sûr, elle ne plaira pas à tout le monde, car les mauvaises habitudes sont prises, la solution est de conditionner le bénéfice des "avancées" à l'adhésion à un syndicat signataire. Une conséquence, l'adhésion à un bon syndicat devient préférable à l'économie d'une cotisation.

Ce qui est étrange, c'est que ce modèle, fréquent dans beaucoup de pays, n'est jamais suggéré en France. Patrons et Syndicats semblent en accord tacite sur ce point. Ils s'accommodent de l'absence d'outils de dialogue social. Des bras de fer, et rien d'autre.

Il reste encore au Président Macron et à son Gouvernement du temps pour y penser. Pour des raisons évidentes, ni les patrons, ni les syndicats existants ne s'empresseront d'y réfléchir. L'initiative ne peut être que politique.

Sceptique

*Terme médical périmé, désignant une fatigue intense chez une personne corpulente.