Emmanuel Macron, Président de la République, s'est adressé hier soir au peuple français, sous la forme d'un entretien avec le journaliste Gilles Bouleau. Mais, détail important, il recevait le journaliste sur notre porte-avions, très récemment sorti d'un grand carénage, d'une durée de plusieurs mois. Pendant ce temps là, à la barbe* du charmant Donald Trump, nos pilotes de l'aéronavale s'entrainaient sur un porte-avions de l'U.S.Navy. Il nous faudrait un second Porte-Avions, mais il faut de l'argent, beaucoup d'argent.

Quel charmant Président nous avons! Malgré tout ce que nous lui faisons entendre, subir, il est sans rancune, pétri, au contraire, de bonne volonté et de contrition pour le peu de succès qu'il a enregistrés. Il nous aime, pour tout dire. Il veut le bien pour nous tous, alors que nous sommes plutôt portés à le réserver à ceux qui pensent bien, c'est à dire, comme nous-mêmes**.

Il a même eu des mots doux pour les gilets jaunes, qui se préparent à barrer nos routes, parce que les croisades sont démodées. Ryad n'a rien à craindre, malgré ses torts.

Nos forces de l'ordre essaieront de faire lever les barrages vraiment étanches. Iront-elles jusqu'à l'affrontement? Les victimes de la panne sèche promise sont bien décidées au martyr pour faire fléchir les dieux. Le silence de ces derniers ne veut pas dire qu'ils sont sourds.

Le Président, qui n'a pas leur puissance, doit se limiter à des promesses d'argent, pour aider les possesseurs de voitures gourmandes ou polluantes, à les remplacer par des modèles sanctifiés, mais néanmoins dignes de leurs performances de conducteurs. 

Dispose-t-il de cet argent? C'est une autre histoire. Faites-moi confiance, souffle-t-il.

Sceptique

 * Je plaisante!

**Nous sommes tous, à notre avis, des bien-pensants!

P.S. J'entendais, il y a quelques instants, des journalistes de LCI, commenter un aspect particulier de la prestation du Président, les reproches qu'il se faisait, de ne pas avoir réussi à convaincre les français. C'était, à leurs yeux et oreilles, des aveux d'impuissance, des constats d'échec, des reconnaissances d'incompétence. Il ne manquait plus qu'une annonce d'abdication. Ils la voyaient au delà de ses auto-critiques.

C'est prendre son désir pour la réalité! S'il y a eu une certaine candeur dans la façon de se reconnaitre des échecs partiels, il n'y avait aucun découragement, rien qui annonce un renoncement, dans son langage. Une simple honnêteté dans l'exposé de son bilan, jusqu'à ce jour.

Tous les Présidents de la Vème République, à commencer par Charles De Gaulle, ont traversé des difficultés coriaces, et en ont souffert. François Hollande a été le premier à douter, au point de renoncer à se présenter.

En fait, c'est nous, les français, qui "ne sommes pas de la tarte!"

Sceptique