La sottise commise par les classes dirigeantes de l'Algérie, civiles et militaires, a soulevé une jeunesse algérienne, unifiée, et "fluidifiée", par les réseaux sociaux. Elle est tellement cohérente et massive, qu'elle a sidéré le pouvoir, qui n'a pas réagi selon son habitude, et laisse faire.

De l'autre côté de la méditerranée, en France, dans notre pays, la communauté bi-nationale s'est mobilisée contre le pouvoir qui soutient la candidature d'un Bouteflika diminué, mais manipulé par son clan. Ce dernier a fait savoir(comment?)que dès sa réélection programmée, il mettrait en oeuvre une réforme constitutionnelle devant déboucher vers son remplacement.

Comme le passé ne garantit pas que cette belle promesse sera tenue, la jeunesse algérienne n'y croit pas et ne semble pas prête à quitter les places et les rues, tant en France qu'en Algérie.

L'affaire est sérieuse. Le pouvoir algérien n'a rien fait pour faire suivre par l'économie le développement en nombre et en compétences de sa jeunesse. L'économie de l'Algérie est toujours "rentière", alors que sa production pétrolière stagne en quantité et en valeur.

Des commentateurs français imaginent une participation massive de la France à l'industrialisation de l'Algérie, permettant d'employer une jeunesse nombreuse et vouée au chômage. Nous ne sommes pas capables de réaliser un tel projet sur notre territoire et au profit de notre jeunesse! Et, jusqu'à plus ample informé, l'Algérie, depuis son indépendance, n'est pas franchement ouverte aux investissements étrangers. Il faudrait qu'elle revoie sa législation. Ça nécessitera du temps et de la bonne volonté.

En attendant l'issue de la situation politique actuelle, notre sympathie doit être associée à une non-ingérence. 

Le mouvement vers des réformes importantes de la gestion de l'Algérie et de sa vie politique ne fait que commencer, même si les forces qui l'ont mis en route ont des racines profondes. Le pouvoir actuel n'est pas encore dépourvu de moyens humains. Les intérêts en jeu sont pesants.

Sceptique