La condamnation du Cardinal Barbarin pour non dénonciation d'affaires de pédophilie dans des lieux religieux, a la dimension d'un choc. Non seulement la société laïque n'est plus le bras séculier de l'Église, mais toute l'institution, millénaire, est rabattue à un statut d'association quelconque, dont les membres n'ont plus un statut particulier, et relèvent du droit commun.

Ça ne date pas d'hier, mais la fiction d'une situation particulière tenait bon dans les esprits, tant des responsables politiques, que dans ceux des citoyens ordinaires. Le Cardinal, autorité morale, est rabattu au statut de simple cadre d'une association Loi de 1901.

Comme je l'ai rappelé par ailleurs, depuis la séparation de 1905, l'Église ne jouissait plus d'un droit particulier, mais la nécessité de lui rappeler le droit commun était rare. Peut-être plus rare que de raison, concernant les personnes qui la servaient. Un mur de pudeur, de respect humain, créait une limite.

Le Cardinal Barbarin a déclaré qu'il allait présenter au Souverain Pontife sa démission, mais j'imagine que le Pape François la refusera, et lui renouvellera la confiance de l'Église Catholique, gestionnaire millénaire du péché et de la pénitence.

Finalement, l'irruption du droit ordinaire dans l'Église, son rappel, en fait, déchargera l'institution de la gestion judiciaire de ses membres. Ses besoins de personnels cléricaux persisteront, mais ils seront soumis au droit pénal commun. Comme ils l'étaient déjà, en fait , mais d'abord gérés par l'institution, aussi longtemps que possible.

D'aucuns imaginent que l'Église va devoir revoir ses règles internes, prescrivant le célibat des prêtres et d'autres membres de l'Église. Son choix a d'autres raisons que morales, sa préoccupation est la force de résistance de ses membres face aux pressions de toutes sortes dont l'histoire a fait le catalogue.

Ça ne nous regarde pas!

Sceptique