Quelque soit leur mécanisme, y compris la répartition, il est très difficile, et souvent assuré par un prélèvement fiscal, de maintenir le pouvoir d'achat des retraites liquidées. C'était impossible quand il s'agissait d'une rente. Ça ne l'est pas davantage de nos jours, sans un recours à l'argent public. 

Il y a une inflation minimale qui grignote le pouvoir d'achat d'une pension de retraite, et plus longtemps elle dure, plus le sentiment d'un grignotage se concrétise.

Les gilets jaunes, entrés dans le conflit il y a quelques mois, sont particulièrement offensifs. Il ne se sont pas davantage questionnés sur les mécanismes de financement de leurs retraites que les autres retraités. Leur force les pousse à exiger des revalorisations conséquentes à l'État, qui n'a pourtant pas géré leur caisse spécifique.

Heureusement, la capitalisation est maintenant abandonnée. C'est la répartition, le financement par les actifs, qui permet une certaine durée aux pensions. Mais l'allongement de l'espérance de vie, au delà de la retraite, n'a pas tardé à déséquilibrer le rapport cotisations-pensions.

Les tentatives d'ajustement par l'État sont rarement bien comprises et déclenchent des conflits sourds et aveugles. La représentation de la rente, acquise une fois pour toutes, imprègne toujours nos mentalités.

Si les fonctionnaires reçoivent le secours de l'État, il n'en est pas de même pour les autres professions. Le principe d'une fixité se heurte à la réalité de l'inflation, devenue faible, mais supérieure à zéro. Au bout d'un certain nombre d'années, il y a un décrochage du pouvoir d'achat. Les victimes, ne pouvant se tourner vers les actifs, s'adressent à l'État. À lui de régler l'ardoise. Par la participation de l'impôt!

Comme celle ci résulte d'une pression politique, attendue de pied ferme, tous les futurs retraités ont intérêt à se préparer à la glissade du pouvoir d'achat, et à adhérer aux systèmes complémentaires élaborés par beaucoup de caisses de retraite. Le rapport à attendre est meilleur que celui de l'épargne courante. Exiger de l'État qu'il prenne en charge indistinctement cette éroson du pouvoir d'achat, ne fait que faire porter le fardeau....par ses enfants, ou ceux des autres.

En tout cas, il n'est pas possible de faire porter la charge par les caisses de retraites, dont les comptes sont strictement équilibrés. Sur le plan de l'information, il faut dire la vérité aux actifs, et les pousser à participer activement au financement de leur retraite, comme racheter des points, pour ceux dont la caisse use en tout ou en partie de ce système.

Le projet du Président Macron est de généraliser, à terme, le système à points. Ce sera un progrès. Demandant un effort, mais rentable.