Même si la première unification fut l'oeuvre des italiens, elle fit l'affaire des libyens qui eurent la chance de se saisir du pouvoir par la force. À ma connaissance, il n'y en a pas encore eu d'autre. La force est celle d'un libyen audacieux, ou d'un occupant soucieux d'ordre.

Depuis l'élimination par la force de Khadafi, la Libye est sans pouvoir reconnu par le concert des nations. Il y en a deux, "de fait", constitués par des forces, l'une à l'Ouest, à Tripoli, l'autre à l'Est, à Benghazi, celui du Maréchal Aftar, un officier général de l'armée Lybienne, qui a méthodiquement organisé un État, en Cyrénaïque, mais ayant vocation (dans la tête du Général) à reconstituer une Libye unifiée.

Aucun accord politique ne semblant possible entre les militaires de l'Est et de l'Ouest, ce sont les armes qui parlent depuis quelques jours, le Général Aftar et ses forces attaquent Tripoli à revers, par le sud, après avoir fait mouvement par le désert. L'avantage semble être au Général Aftar, a priori plus professionnel que ses adversaires, et avantagé par ses ressources....pétrolières.

Comme la Libye n'a aucune unité "naturelle" ou historique (elle fut l'oeuvre des italiens, entérinée par les alliés, puis par l'ONU), toute attribution "exogène" serait arbitraire, intolérable pour la partie écartée. C'est malheureusement notre tentation typiquement occidentale.

De part et d'autre de la Libye, de l'est à l'ouest, de l'ouest à l'est, les postulants au pouvoir sur l'ensemble sont libyens, ni plus, ni moins légitimes que les autres. La force a vocation à désigner un vainqueur. Pourquoi vouloir choisir à la place de l'un ou de l'autre?.

Les particularités du champ de bataille avantagent les manoeuvres plutôt que la puissance de feu. Il ne devrait pas en résulter des pertes  choquantes. Gagnants et perdants pourront se réconcilier sans rancune. On ne peut que le leur souhaiter.

Sceptique