Chaque catastrophe, accidentelle, ou criminelle, qui affecte notre "patrimoine", nous replace devant la question bien française: la remise en état doit-elle se faire à l'ancienne, comme la version originale, ou en usant des nouvelles techniques disponibles "en la matière". 

La réponse fut longtemps systématiquement "conservatrice". "à l'ancienne", "for ever"!. Les "monuments historiques" avaient le monopole du choix, jusqu'à l'absurde, la disparition de toute personne compétente dans la technique employable.

Une situation critique, comme celle qu'a créée l'incendie de la cathédrale de Paris, ces jours-ci, nous a rûdement placés devant ce choix. Si le réflexe privilégie  systématiquement l'ancien, il n'est plus forcément disponible, faute de techniciens compétents. La question se pose maintenant, systématiquement, de plus en plus souvent. Pourquoi s'accrocher à une technique dépassée?

Les créateurs n'ont pas ces scrupules. S'ils avaient à bâtir une cathédrale, ils recourraient sans hésiter aux technologies qu'ils ont eux-mêmes développées.

Mais il ne s'agit plus d'une création, mais d'une reproduction. D'un élément dont on connait les "conditions d'existence.

C'est un choix, qui n'est pas forcément "fantaisiste", mais résulte de la nécessité, de re-créer, dans les conditions du budget, une copie conforme à l'original, indisponible.

L'importance du chantier ouvert par l'incendie de Notre-Dame de Paris, va couvrir un nombre considérable d'éléments à reconstituer. Il sera nécessaire de faire des choix, en prenant compte de "la souffrance" qu'aura à subir l'élément à remplacer, de sa visibilité dans les conditions "normales".

Faudra-t-il faire passer l'identité, entre l'élément ancien, et le nouveau, en s'interdisant une amélioration de la résistance à des conditions identiques? Je pense, par exemple, à l'amélioration de la résistance au feu.

J'ai lu que les fournisseurs de bois s'excitaient à la perspective du remplacement des poutres de la charpente. Une meilleure résistance au feu, aux autres atteintes du bois ne serait pas superflue. Mon choix, s'il m'était demandé, écarterait de toutes les manières possibles, ce risque inhérent à la matière première utilisée!

Le choix politique sera peut-être résolument différent.

Sceptique