Pour son inventeur er ses adeptes, praticiens et usagers, l'homéopathie repose sur une théorie non vérifiable, le soin par le semblable, alors que la thérapeutique "normale" repose sur l'effet contraire, neutralisant, ou inversant, les symptômesde la maladie, vue comme un désordre du fonctionnement du corps. 

Hahneman, un médecin allemand, a postulé que le médicament inversait le fonctionnement pathologique, le remettant, en quelque sorte, à l'endroit.

L'homéopathie est la généralisation d'une idée inverse, postulant qu'une maladie due à une séquence A->B, s'améliorrerait nécessairement sous la pression d'une séquence B->A, à condition que l'action contraire n'ait pas la même puissance. D'où le principe d'une action contraire très atténuée, en dessous de la puissance pathogène. Traiter le mal par son semblable, sans risquer d'atteindre son niveau nocif, telle est la théorie de l'homéopathie, le soin par un semblable très atténué, incapable d"être par lui-même dangereux.

L'obtention de substances dont l'action est atténuée jusqu'à l'annulation, grâce à une dilution poussée jusqu'à l'incertitude d'un résidu actif du produit nocif, a, de toute façon, soulagé les inventeurs de toute crainte d'effet indésirable. Il n'est même pas sûr que le produit normalement nocif, soit détectable dans la préparation. L'empreinte de son passage, probable selon la dilution, suffit à le considérer comme présent, quoique indosable, indétectable.

Les médecins et les patients qui ont adopté l'ensemble, la théorie de l'activité présumée, n'ont pas eu, à partir de ces principes de base, à craindre des accidents de sur-dosage. Les effets subjectifs ressentis ont été mis sur le compte de la nouvelle thérapeutique. Les échecs évidents ont poussé dehors en douceur, des patients et des praticiens réellement déçus. 

Apparue au dix-neuvième siècle, l'homéopathie a consolidé sa place dans la pratique médicale, rassemblant suffisammant de satisfaits, séduisant de façon équilibrée des praticiens et des souffrants d'affections diverses, non mortelles à l'échelle du temps d'exposition, soigneusement dosé et contrôlé par les usagers.

L'homéopathie rassemble ses fidèles, veille scrupuleusement sur eux, et fait tourner une "industrie" pharmaceutique sans risques, par défaut, ou par excès.

C'est cette dernière qui fait parler en ce moment, de supprimer le remboursement, pourtant léger, de ses préparations sans risques. Questions de principe.

Le déremboursement des "médicaments" homéopathiques n'entamera qu'un court moment la demande et la pratique de cette "médecine". Dont les patients resteront fidèles tant qu'ils iront bien, car, en fait, ils sont bien soignés, de ce qu'ils n'ont pas, et bien surveillés, pour ce qu'ils pourraient avoir*.

Ce qui est en jeu n'est qu'un principe, La Science. Psycho-rigide et orgueilleuse. Quant à la santé, c'est un état précaire qui ne présage rien de bon**

* et ** Knock ou le triomphe de la médecine, pièce de Jules Romains.

P.S. Il y a tellement longtemps que je me suis penché sur cette théorie et ses conclusions, que j'ai eu du mal à m'y retrouver. Ça ne bouleverse pas les rapports entre cette théorie, et la science. Qui, du haut de ses principes, disqualifie , entre autres "théories"non démontrables", l'homéopathie. Ma défense ne se justifie que par le bénéfice qu'en retirent, sans le savoir, des malades imaginaires, auxquels sont évités des traitements actifs inappropriés. L'essentiel est que chaque soignant sache ce qu'il fait.

Sceptique