La poussée du front National en France était attendue, car ce parti, pas encore essayé, rassemble régulièrement les mécontentements....dans l'opposition. C'est sans risques! Mais cette fois ci, ils ont sérieusement secoué le cocotier, et peuvent s'en féliciter.

Aussi, Marine Le Pen, sa Présidente, peut donner de la voix, exiger la dissolution de l'assemblée Nationale. En y a joutant une proportionnelle intégrale, comme au bon vieux temps de la Quatrième République, le pouvoir légitime et absolu sera "dans la poche".

D'autres "assouplissements" constitutionnels pourront parfaire et consolider le changement de majorité, et de programme.

Si l'on peut parler de triomphe du côté du Front National, il est plus "culotté" de considérer comme un triomphe les 13% des écologistes, dont la voilure est gonflée par le souffle populiste, alors qu'il est loin d'exprimer un désir de carême. D'autant moins qu'il est classique, en France, que le régime écologiste soit réservé aux zotres.

Laissons l'écologisme national triompher. Ce n'est pas au Front National qu'il trouvera l'appui le plus ferme.

La constitution et les institutions qui la garnissent étant ce qu'elles sont, cette petite victoire '(à cette échelle) ne pourra être amplifiée. L'opposition alliée aux vainqueurs n'obtiendra pas les cadeaux espérés, affaiblissant le pouvoir exécutif.

Il est certain que le Front National, enraciné dans la vie politique française depuis la troisième République, a une vision des institutions qui lui conviendraient, plutôt "pragmatique". La vérité est bien cachée dans la tête du chef du moment. Sur son aile droite, la pensée politique française puise ses références dans notre histoire monarchique, bonapartisme compris. Mais elle sait jusqu'où elle peut aller. L'ordre public reste la valeur de base incontournable. Les menaces contre lui constituent un savoir solide. En ce moment, les secousses qu'il subit systématiquement, maintiennent  la vigilance et la méfiance indispensables. Il n'y a pas que le Front National à l'affût. Il ne faut pas oublier, par ailleurs, que toutes les formations politiques s'accommoderaient d'un pouvoir stable et garanti....s'il existait. "Pourquoi changer ce qui me convient?" se disent ceux qui sont au pouvoir?

Sceptique