Je suivais ce matin un débat sur la question des enfants des djihadistes français, parfois nés en Syrie, ou emmenés par leurs parents, "engagés volontaires" dans le conflit politico-religieux.

La position la plus fréquente est celle de leur innocence, et donc de leur droit naturel à la protection de la France, leur nationalité n'étant pas contestable.

Mais il semble que notre gouvernement n'est pas empressé de les laisser rejoindre leurs grands parents, qui ont fait valoir leurs droits de prendre en charge leurs petits-enfants, tant que leurs parents n'ont pas réglé leur situation avec la justice française.

En quelque sorte, ces enfants constituent le moyen de tenir nos djihadistes, coupables d'avoir combattu au service d'une armée étrangère. Si leur mère n'a sans doute pas porté les armes, elle a à à répondre de sa présence sur un théâtre d'opérations guerrières.

Pendant des millénaires, la guerre, la pratique des armes, a été l'affaire exclusive des hommes. Les femmes n'en étaient que les victimes collatérales, après avoir été passivement impliquées. Il ne venait à l'esprit de personne de leur demander des comptes de leurs actes de solidarité. 

Compte étant tenu de leur engagement idéologique affirmé, leur traitement n'a pas été delui de civiles. Elles-mêmes ont réclamé la reconnaissance de leur complicité. Dans quelle proportion était elle réelle? Avaient-elles usé d'armes, fait feu? On ne le sait pas.

Mais notre culture a un solide socle d'inégalité entre les hommes et les femmes. En particulier, le port et l'usage des armes par des femmes conserve une part d'irréel. Notre histoire ne rapporte pas qu'elles aient été traitées comme des hommes, pour leur participation active à un combat. Si je fais erreur, elle sera redressée.

Pour revenir à la question initiale, la solidarité des femmes de djihadistes envers leurs conjoints est dans les limites de celle que nous concevons traditionnellement. Elle ne devrait pas aboutir à une pénalisation. Ni à celle des enfants, évidemment.

Sceptique