La religion n'est qu'un modeste élément de "l'affaire", qui est une retombée des obsessions du fondateur, tourneboulé par la plus banale courbure d'un corps féminin. C'était un homme, c'était naturel, en somme.

Cachez moi ce sein que je ne saurais voir! Molière avait-il eu vent de l'histoire? Ça ne lui était pas indispensable. C'est en famille que le mâle blanc subit le premier trouble. le plus fréquent est la vision d'un allaitement Il ne l'oublie jamais. 

La suite, pour notre culture, s'étale sur le siècle des lumières, des révolutions diverses, politiques, sociales, morales. Il y a eu à un moment une fracture, une séparation, au coeur de notre société, entre les besoins de l'âme, longuement, et exclusivement servie, et ceux du corps, indispensables à l'espèce, à ses utilisateurs civils et militaires.

Manifestement, les petits sacrifices "arrachés" à l'âme se sont encore réduits, au bénéfice des corps, divinisés après des millénaires de mépris, de diabolisation.

Mais cette réhabilitation a surpris, et n'a pas fait l'unanimité. Le déséquilibre âme-corps a fait de la résistance chez les esthètes, la résistance s'est faite pudeur, et on sait la lutte entre l'oeil et la main, l'armistice signé de part et d'autre, égalisant les privations ,les sacrifices.

Ce qui fait la différence avec nos ancêtres, ce sont les substituts qui nous permettent de mentir. La nudité triomphante des années 1960 s'est bien rhabillée, maintenant. Elle ne peut plus être un alibi. Le nu est cochon, point-barre.

Le burkini n'a pas d'autre sens, d'autre raison d'être, effacer le corps, empêcher sa représentation.

D'autres faits, d'autres réactions, participent aux oscillations de nos rapports aux corps, pris dans ceux des esprits, ballotés entre le bien et le mal. 

Les religions donnent l'énergie nécessaire à ces tempêtes périodiques, qui renouvellent l'air du temps. Nous avons peut-être tort, nous qui avons conquis la liberté de nous en passer....d'en faire...un fromage!

Sceptique