La majorité des participants de l'agitation de cet après-midi semble compter sur un succès total, l'abandon du pouvoir par ceux qui l'exercent conformément aux élections présidentielles (de 2017), et législatives, de la même année.

L'émeute a une mission, empêcher les actions gouvernementales, et rendre possible des blocages des diverses institutions intermédiaires, assemblées parlementaires, assemblées régionales et départementales, conseils municipaux.

Un succès est-il possible? Il y a un rapport de forces entre les défenses de l'ÉTAT et les attaques de ceux qui veulent qu'il leur soit remis, après constat de la déchéance de fait des institutions politiques élues. Mais aussi de l'inaction des forces chargées, entre autre, de défendre ses institutions exécutives, assemblées, polices, et armée.

Inaction concertée, ou effet des démissions additionnées des forces vouées à la défense de l'État et de ses institutions. (polices, armée)

Depuis la Révolution, c'est à l'occasion de défaillances des politiques au pouvoir, ou des forces (armée ou polices), que l'État en exercice s'est vu retirer l'autorité légitime, remplacée par une auto-proclamée. Révolution, ou coup d'État, militaire, ou politique.

Tout désaveu du pouvoir légitime, républicain, déclenche une série d'événements devant aboutir à la restauration d'un pouvoir légitime, désigné par les représentants du peuple, légitimés par l'élection. C'est, en tout cas, ce qui est souhaité, et s'est réalisé depuis l'instauration de la République(1873)plus solidement, à chaque étape.

L'actualité nous confronte aux doutes sur le bien fondé et la légitimité du pouvoir républicain, devenu dérangeant et contesté. Et s'il n'était pas légitime, comme le prétendent des contestataires?

Son accueil, sa reconnaissance, ne sont pas unanimes, des fractions ne reconnaissent pas le fait majoritaire. Leur désaveu incite à un contrôle électif, qui peut révéler des faiblesses développées entretemps.

Le choix arbitraire d'une durée de mandat permet sa contestation, un blocage offensif invite au retour aux urnes. Il s'est avéré nécessaire, en France, en tout cas, de défendre la légitimité issue d'une élection. Une "mauvaise élection" appellle à la refaire. Ce n'est pas toujours accepté.

Nous sommes actuellement poussés vers ce cas de figure. La légitimité du Président Macron est elle sûre? En bousculant les faits, les résultats des votes, d'aucuns  la mettent en doute. Les chiffres enregistrés balayent ces doutes volontaires. Il faudrait passer sur le ventre du Conseil constitutionnel!

Loin de se féliciter d'avoir de solides institutions, certains se tournent vers l'émeute et le désordre pour affaiblir le pouvoir républicain. Un mauvais sondage de temps en temps redonne du moral aux opposants. Qui ne désespèrent pas de faire craquer, ou se disqualifier, le pouvoir issu de la majorité.

Nous nous rapprochons du premier anniversaire de la première grande offensive des "gilets jaunes". Ils sont conscients de l'importance de cette pression sur l'opinion, qu'elle soit favorable, ou hostile. Qu'ils soient reconnus, et pris au sérieux, leur suffit.

L'année 2020 ne sera pas une sinécure!

Sceptique