Les atermoiments ressentis sur le front de la laïcité de notre société, bousculée par des affirmations islamiques "douces", soulèvent la question de notre fermeté sur les limites convenues par notre société, depuis plus d'un siècle.

Entretemps, d'autres religions ont pris pied sur le territoire régi par la loi de 1905. Elles n'en sont pas signataires, ce qui ne les dispense pas d'en respecter la lettre et l'esprit. Leur difficulté tient à leur histoire de religions historiquement d'État, n'ayant jamais perdu leur lien organique à leur état de naissance. L'islam, principale religion de nos dépendances coloniales africaines, se trouve ainsi "en l'air", privé d'une tutelle politique, dans l'ensemble des territoires de la République Française. Il est "laïque sans l'avoir voulu....et a du mal à s'y faire*.Une de ses solutions a été de maintenir des liens fraternels avec les communautés islamiques des territoires qui ont fait partie de notre Empire, et ont acquis, depuis, leur indépendance.

Mais ces liens semblent peu serrés, dans ce champ élargi de la religion, toujours sous la tutelle des gouvernements issus de la décolonisation, forcément parcellaires. Les plus anciennes implantations représentent l'Afrique du Nord, l'Algérie, le Maroc, la Tunisie.

Il paraissait possible que les musulmans originaires de notre "empire" se regroupent. Les origines géographiques et historiques continuent de déterminer l'identité ces communautés musulmanes, plus sûrement que leur identité religieuse. La cohésion de ces communautés musulmanes ne semble pas être leur première préoccupation. Le lien à "la mère patrie" semble finalement le plus fort. Mais "leur islam" en reçoit sa cohésion, scellée par l'origine géographique.

Nous n'observons pas leur évolution vers des unités parlant d'une seule voix et pouvant créer un lien stable avec notre administration, notre pouvoir politique sous ses diverses formes ou niveaux Le souhait de nos politiques de voir s'organiser un interlocuteur représentatif et structuré, est encore loin. Mais un renoncement serait encore plus affligeant! L'influence personnelle  de certains imams est soit positive, promesse de bonnes relations, soit négative, creusant le fossé avec une société laïque et en même temps impie. Le pire est la naissance d'un projet terroriste, heureusement exceptionnel. L'intolérance de notre société est également possible.

Sceptique