Àun moment donné, tout, même le vrai, n'est pas bon à dire. Car il y a forcément quelqu'un que la vérité dérangera.

Ainsi du Mali, où le sang français, mais aussi le sang malien, vient de couler plus que de raison.

Était il possible de l'éviter? 

Difficilement. Une guerre, c'est toujours du sang qui coule

Géographiquement il y a deux Malis. Celui du sud, peuplé de paysans, celui du Nord, fief des nomades, vivant de divers négoces trans sahariens. La Kalachnikov est leur outil le plus utile. Ils savent mieux s'en servir que les paysans du Sud-Mali.

Du temps de notre impérialisme, nous nous occupions de ces deux parties. Avec les mêmes soldats. Une commodité.

L'indépendance a fait des deux Malis un seul. Protégé, défendu, par une même armée. Majoritairement formée de paysans.

Mais au Nord-Mali, les peuples sahariens, nomades, défendaient eux-mêmes leurs trafics divers, qui assuraient leur subsistance. Ils n'acceptaient pas l'autorité des sédentaires, qui formaient le gouvernement et....l'armée.

Il s'est avéré une division de fait du Mali, saharien et nomade au Nord, nigérien,sédentaire, et paysan au sud.

Plus peuplé et sédentaire, le Sud a dominé ethniquement et politiquement. Mais les nomades du Nord ne l'ont pas vraiment accepté. Leur économie, commerciale et mobile, n'était pas dépendante de celle du Sud, rurale et paysanne. L'ensemble malien, héritier de la décolonisation, s'est trouvé fissuré ethniquement, économiquement, et, bien sûr, politiquement. Des oppositions dangereuses menaçaient  un mali artificiellement unifié. Le conflit latent a éclaté à l'articulation entre les deux parties, la saharienne, et la sahélienne.Il a fallu que la France fasse intervenir son armée, protégeant les zones sahariennes contigües au cours du fleuve Niger. Nous y sommes toujours.

La solution serait la séparation des deux Malis, celui du Nord, saharien, celui du sud, nigérien. L'orgueil hérité de la décolonisation, les serments, y font obstacle. Il ne reste que la guerre, qui promet de durer.

Plus guerrier, le nord devrait dominer l'ensemble, alors que par le nombre, et le poids économique, c'est le Sud , qui devrait recevoir les instruments du pouvoir. Les germes de division semés par la colonisation et sa dislocation, s'affirmeront, tôt ou tard. S'il y a conflit armé, le plus fort ne sera pas le plus nombreux, mais....le plus guerrier. Il nous reviendra de trancher! Encore!