L'opinion sur l'homme est toujours partagée en deux tendances opposées: la première, par l'histoire, traditionnelle: l'homme est capable du mal, du pire, même, et la société tente de contenir ses tendances pour obtenir une convivialité acceptable. La seconde, inspirée de J.J.Rousseau, pose que l'homme est "naturellement" bon, et que c'est l'organisation sociale qui le pervertit. Il faut inventer une nouvelle société, convaincre les hommes de l'adopter, ou l'imposer, s'ils sont "accrocs" à l'ancienne.

À part cette entrée en matière qui peut être rude, les théoriciens de cette deuxième vision promettent un vrai paradis. L'homme nouveau possède toutes les vertus et les applique à tous les actes de sa vie.

L'histoire du XXème siècle a montré l'erreur fondamentale de cette vision de l'homme, et la chute de l'Union Soviétique a jeté une lumière aveuglante sur sa réalité éternelle: pour tenir ses peuples, l'Union Soviétique avait formé beaucoup de policiers. Lorsqu'elle s'est écroulée, tous ces policiers se sont transformés, du jour au lendemain, en bandits, qui se sont emparés de tous les biens publics. Les plus malins sont devenus milliardaires (les Oligarques), les moins malins, tout aussi dépourvus de scrupules, se sont remis au service de la police et de son vrai chef, Wladimir Poutine.

En France, nos partis de gauche ne veulent pas admettre cette triste réalité. Tous affirment qu'ils croient aux vertus intrinsèques du socialisme. Les plus "modérés" vont chercher leurs ordres auprès des plus radicaux, et leur réservent des postes-clefs, à chaque élection. La dérobade des électeurs est compensée par les sacrifices des "roses". Marie-George Buffet et Olivier Besancenot sont en compétition pour la fourniture de la bonne pensée.

Ailleurs qu'en France, il en est tout autrement. L'angélisme y a été progressivement disqualifié. Au fur et à mesure du développement d'un banditisme abusant de la confiance de la société social-démocrate.

L'information nous vient de Suède. Ce pays est depuis longtemps réputé pour son "état-providence", prenant en charge tous les habitants à tous les âges de leur vie, sans aucune restriction. Une fiscalité confiscatoire permettait de la financer. L'ouverture vers l'Europe et le monde ayant mis à mal l'économie suédoise fragilisée par l'importance des prélèvements pesant sur elle, des réformes ont été faites pour diminuer la charge de l'Ètat sur l'économie et les citoyens. L'esprit civique des suédois a permis sans déchirures, sans violences, cette mutation. L'État-providence gardait de beaux restes.

Une certaine prospérité diffuse étant retrouvée, la tentation d'en profiter a suivi: la Suède a été confrontée au développement d'un banditisme, aussi avide et violent qu'ailleurs. Elle a du adapter sa capacité de répression, et analyser sans état d'âme le phénomène dérangeant le bon ordre de la société suédoise et la paix des citoyens. L'efficacité nécessite une adaptation des moyens.

Les suédois n'ont pas mis leur mouchoir sur cette évidence: "qui vole un oeuf vole un boeuf". Et inversement. Il n'y a pas de petits profits. Les bandits sont aussi les escrocs aux assurances sociales (maladie, chômage, invalidité, etc). Les autorités suédoises ont fait ce que nous nous refusons de faire au nom des droits du citoyen: mettre en communication les divers fichiers, pour faciliter les recoupements visant à démasquer des escroqueries "chroniques".
Cerise sur le gâteau, la "Sécu" a organisé une section spéciale travaillant avec les autres services de sécurité: elle s'intéresse aux grands délinquants, qui ont plus de chances d'ajouter à leurs gains, importants mais ponctuels, des indemnités ou des pensions indues, qui ont en plus l'avantage de leur offrir une façade, à la fois honorable et pitoyable!
Donnant, donnant, elle communique à la police les "suspects" de fraude aux prestations sociales. Il pourrait y avoir des tueurs en cavale parmi eux.

Ouh, comme c'est vilain, tout ça!

Sceptique