Parmi les réactions à l'arrestation et à la mise en détention de Dominique Strauss-Kahn, celle de Jack Lang a été exploitée comme s'il s'agissait d'une complaisance. Il n'en était rien, et il l'explique dans le "Monde" du 1er Juin 2011.

Ce qui l'a choqué, c'est le refus de la juge américaine de faire bénéficier le français Dominique Strauss-Kahn d'une coutume de la Justice américaine: la liberté sous caution dès lors qu'il ne s'agit pas d'un meurtre. "Il n'y a pas mort d'homme", tel est le corps de son "délit", à lui. Entendu par les "autres"*:"ce (qu'a fait DSK) n'est pas grave!".

Jack Lang invoque donc la tradition judiciaire américaine, et non la nôtre, qu'il connaît pour l'enseigner, et qui, justement, ne pratique qu'exceptionnellement la liberté sous caution, à la discrétion du juge. C'est une disposition trop récente en France, et pas vraiment acceptée, pour avoir eu le temps de se muer en tradition!

Sa démonstration me suffit, et me suffirait tout autant, si j'avais la responsabilité de juger son propos. Ce qu'il ajoute de lui-même, de son parcours d'homme politique de gauche et moderniste, oeuvrant  à la promotion des femmes dans la société, me semble, non seulement superflu, mais aussi répondre au jugement "moral" de ses détracteurs.

Quand bien même ses liens de camaraderie avec Dominique Strauss-Kahn auraient renforcé son émotion, ce refus de hurler avec les loups est tout à son honneur.

Après nos débordements soixante-huitards, nous sommes dans le mouvement suivant du balancier, justifié par les abus des prédateurs. Mais il est à prévoir que les générations futures secoueront à leur tour les Tartuffes réhabilités.

Les sociétés ont pour mission de corriger la brutalité foncière de l'homo sapiens, de sa naissance à sa mort. Ouvrage toujours à recommencer, génération après génération. Imaginer le "guérir" définitivement est une sottise.

Sceptique

*Pour la plupart, ses "amis" politiques. Jack Lang est trop bien vu par "l'ennemi N°1".