Ce qui se prépare à La Rochelle, où Ségolène Royal, ex-candidate à la Présidence de la République en 2007, Présidente de la Région Poitou-Charente, s'est fait désigner candidate du Parti Socialiste à la députation, "luxant", au passage, le "titulaire" du siège, a pris tous les traits d'un règlement de comptes entre personnes, entre sexes*. Les images de la démocratie, de la difficile parité, de l'hypocrisie qui la recouvre, sont mises à mal.

Je souhaite, sincèrement, qu'une femme parvienne un jour à briser le plafond de verre qui empêche un grand nombre de méritantes d'arriver au sommet de leur compétence, sans être contrainte à se renier comme femme, sans "singer", ou se croire obligée de le faire, les traits caricaturaux des hommes. Je reconnais qu'en France, en tout cas, la femme capable ne peut pas s'en tenir à l'accomplissement d'un devoir, auquel cas elle reste une "brillante seconde", une précieuse collaboratrice. 

Il faut que, comme un homme, elle fasse valoir ses droits. La compétition est alors rude, car les hommes ne se sentent pas le besoin de prouver leur mérite. L'affirmation de soi comme le meilleur est nécessaire....et suffisante**. Leur "entrisme" en politique est constamment majoritaire, à la fois en raison de leur goût, et de leur disponibilité.

En démocratie, l'auto-promotion doit être entérinée par les électeurs. Dans le secret des isoloirs peuvent s'exercer des machismes coriaces, ou des jalousies secrètes. C'est un paramètre en diminution. Mais il en est encore autrement dans les appareils des partis politiques, et dans les équipes qui épaulent les candidats, toujours prêtes à dégainer pour défendre leur champion.

En 2007, écartée de la Présidence de la République par son rival Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal avait choisi de se consacrer à sa fonction de Présidente de la Région Poitou-Charentes, et avait donné son siège de députée à une de ses brillantes collaboratrices, Delphine Batho. Cinq ans plus tard, la primaire socialiste ayant fait passer devant elle son ex-compagnon François Hollande, vainqueur, quelques mois plus tard, de Nicolas Sarkozy, et élu Président de la République, Ségolène Royal, pour participer à la victoire de la nouvelle majorité présidentielle, avait besoin d'être désignée par son parti à un autre siège, dans la Région. Celui qui fut choisi était tenu par un élu de bonne couleur, mais de renommée seulement locale. Maintenant, toute la France connaît son nom et son visage, mais c'est son refus têtu de céder sa place qui lui vaut la célébrité. Le premier tour l'a placé derrière sa rivale, mais il est maintenant le champion de tous les électeurs qui détestent Ségolène Royal. Contre la passion, la raison ne gagne pas assez souvent. L'exercice du pouvoir sème les germes de la haine ou de la rancune, et la méthode de Ségolène ne lui a pas fait que des amis, à sa gauche, comme à sa droite***. 

Le "tout sauf Ségolène" de la campagne de 2007 aurait repris des couleurs et des forces, et pourrait se réaliser à La Rochelle. Pas de quoi rendre fier qui que ce soit.

Sceptique

*Le coup de pied de la rivale en amour a été donné sous la forme d'un souhait, lancé à la cantonade moderne, de la victoire du dissident.

**À ma connaissance, les imposteurs durables et récidivistes sont tous des hommes.

*** Après la Présidentielle de 2007, une video prise en direct au cours d'une séance de l'Assemblée Régionale du Poitou-Charente, a circulé sur le web. Le document témoignait de l'autoritarisme de la Présidente, qui faisait taire d'un ton cassant tout le monde, amis, et ennemis.