L’affaire a été en première page de la presse, et a eu les honneurs des journaux télévisés : Une équipe française de chercheurs en biologie a démontré l’effet cancérogène de la consommation prolongée d’aliments à base d’OGM (ou PGM :plantes génétiquement modifiées).

L’effet de surprise est retombé quand a été connu le premier signataire de l’étude : le Professeur Gilles-Éric Séralini.

C’est, comme le qualifie, de manière ambiguë, le Monde, un chercheur « engagé ». Engagé dans le combat contre le principe même de cette spécialité de la bio-technologie, il est nécessaire d’en démontrer l’hérésie, la malfaisance, envers et contre les inventeurs et les utilisateurs. Peu importent les moyens, seuls le résultat, semer le doute, faire peur aux consommateurs, compte.

Ce combat, le Professeur le poursuit inlassablement depuis des années, avec le soutien d’un bras armé, qui se charge des actes de destruction nécessaires, aux dépens des laboratoires qui étudient ces plantes modifiées, ou des agriculteurs qui osent les essayer dans leurs champs.

J’ai eu l’occasion de le rencontrer à l’occasion d’un débat à  la Cité des Sciences de la Villette avec un jeune ingénieur de l’INRA. .Je ne l’ai entendu qu’opposer des « je crois… », ou « je ne crois pas », aux démonstrations de son interlocuteur. À la faveur du débat, je lui lançai : » Monsieur, « je crois, je ne crois pas »,font partie du langage religieux, et non du scientifique. » Le coup fut rude, mais pas fatal. Il est toujours en première ligne !

On aurait pu croire que cette dernière étude, savamment lancée en direction des médias et de leurs ouailles, clouerait définitivement le bec de tous les chercheurs qui se consacrent à ces organismes génétiquement modifiés, et qui ne publient leurs résultats que dans les revues confidentielles du monde scientifique.

Au contraire, les critiques de la méthode et des modélisations mathématiques, n’ont pas tardé, en provenance de chercheurs non soupçonnés d’une collusion d’intérêts avec les fabricants de dimension internationale (Monsanto, Syngenta).

 Les journalistes qui suivent particulièrement, et avec sympathie, les démêlés entre les « scientifiques » anti-OGM, et les chercheurs qui font avec conviction des recherches dans ce domaine, ont manifesté une gêne certaine face à cette ultime et spectaculaire attaque de « GES » contre les OGM, dont la société française est pourtant protégée par les moratoires décidés par les politiques, soucieux de paix civile, ou peut-être convaincus par le lobby anti-OGM. Le premier sens a l’avantage de la commodité. Il dispense de chercher la vérité sur le problème.

Ils laissent percer leur crainte que leur habituel protégé y soit allé cette fois-ci un peu fort. La réfutation en bonne et due forme de sa belle étude pourrait le déconsidérer complètement aux yeux de la recherche scientifique internationale.

Rassurons-nous ! C’est un milieu très à part de la médiatisation quotidienne. Toutes les conditions sont requises pour que nous ayons notre Lyssenko, et que nous en couvions les convictions.

L’éditorial du « Monde » conclut sur la nécessité de recherches et de contrôle indépendantes des fabricants, mais aussi des positions partiales. Nous disposions de ces équipes de recherche publique au sein d’organismes publics comme l’INRA, le CNRS, et l’INSERM. Mais elles n’ont pas été mieux traitées que celles des semenciers, frappées d’anathèmes, victimes de destructions « radio-guidées »* La plupart de ces équipes, découragées, ont déjà quitté la France.

 

Sceptique

 

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