On en reparle de nouveau beaucoup, de ce véganisme, un décret collectif, qui recrute, affirmant que l'humanité peut et doit supprimer de son alimentation, tout ce que nous fournissait depuis des millénaires le genre animal, chassé, pêché, ou élevé par nos soins, en vue de finir dans nos estomacs.

Qu'importe l'histoire de l'homme, chasseur-cueilleur, prédateur et rarement proie, qui a peint dans des grottes ses obsessions.

Qu'importent les études modernes, scientifiques, qui établissent les besoins incontournables des adultes de notre espèce, et, surtout, de notre progéniture.

Qu'importent les famines infanticides de l'Afrique, où les ressources en protéines disparaissent en premier, et les résultats obtenus par les ONG, qui réalimentent et sauvent des enfants cachectiques avec des protéines très digestes*.

Tout ça n'est qu'ignorance et billevesées, les je-sais-tout auto-proclamés balaient d'un revers de main trois cent mille ans de l'histoire de notre espèce. Ils y ajoutent, ajoutent seulement, une obligation morale impérative de respecter le monde animal sous toutes ses formes, sauf l'humaine, punie pour ses forfaits. Et comme il nous faut bien manger quelque chose, le monde végétal, n'a, lui, rien à dire! 

Seulement, la formation du genre animal dans l'histoire de la vie, a abouti à sa division en deux grandes catégories, les herbivores, pourvus des organes capables de les digérer, et les carnassiers, prélevant parmi les herbivores leur nécessaire.

S'ils sont trop gourmands, s'ils gaspillent la ressource, ils se retrouvent affamés, et obligés de déménager à la recherche de gibier. Si, au contraire, une cause naturelle les fait disparaitre, les herbivores, enfin tranquilles, prolifèrent, et font des dégâts aux sols, aux couverts végétaux. La nature s'est ainsi faite, un équilibre, instable, mais auto-corrigible, entre les carnivores et les végétariens.

Jusqu'il y a peu, l'homme, capable de réfléchir, de méditer, sur le monde et sa vie, attribuait son ordre évident à des dieux, et s'interdisait donc d'en contester leur mode de fonctionnement, les attributions apparentes aux diverses espèces. Il semble avoir pris un certain temps pour s'inscrire lui-même dans cet ordre, prétendant même qu'il avait été institué pour LUI, une créature exceptionnelle et préférée.

La mise en doute des divinités créatrices, passées et présentes, s'appliquait à toutes, sans exception, et autorisait une mise en questions de la nature par les hommes. Mauvaise, injuste, cruelle, elle devait être corrigée par la tête et les mains de l'homme. Le véganisme en fait partie, car c'est le verdict du procès fait à la nature par des hommes d'aujourd'hui.

Ce droit auto-proclamé de juger, de sanctionner, de réparer, de refaire, est affirmé, aujourd'hui. La nature est mauvaise, brutale, injuste, il incombe aux hommes qui en ont conscience, de prendre position et de l'imposer. La nature doit être recadrée, moralisée, arrachée à la malfaisance de notre espèce, qui doit être condamnée.

Pris de court, ses avocats, d'autres hommes non moins auto-proclamés, sont apparus. Il reste maintenant à l'humanité de désigner des juges impartiauxqui diront le droit, poseront ses limites.

Je reprends la désignation inventée par "Le Monde", "une révolution de palais", cette partie de notre bouche qui participe à la dégustation, des mets, des vins. La diversité des aliments de l'humanité, leur invention, ou leur copie pure et simple, montrent que le palais est accomodant, se laisse guider, influencer, par l'expert gastronome, jusqu'ici, par le militant ceci ou celà aujourd'hui, avec la même autorité péremptoire.  

De là à introduire, au dessus, même, des goûts, des plaisirs, des qualités nutritionnelles constatées et inscrites dans le savoir collectif, d'autres considérations, morales, philosophiques, critiques, ont reçu lesoutien actif  d'autorités auto-désignées. Pourquoi-pas tant qu'il s'agit d'adultes, mais après réflexion approfondie dès qu'il s'agit d'enfants, qui ont payé, d'ailleurs, à un prix effrayant, nos ignorances réelles, en matière d'hygiène, applicable à la nourriture.  

Les crimes commis au nom de cette théorie fumeuse sont rappelés. Mais ils laissent imperturbables les fanatiques du véganisme, associés à d'autres négationnistes des sciences biologiques, inventeurs de leur propre science.  

À suivre, avec vigilance, car les mêmes outrances produiront les mêmes effets, dont seront victimes les enfants, sur lesquels des parents se croient tous les droits.

Sceptique