On vous marche sur la tête, on ne respecte pas votre fonction, et en amont, la décision de vos électeurs. Dont, pourtant, des sondages affirment que si le scrutin était refait, ses résultats seraient les mêmes. 

Ne désespérez pas ceux qui vous ont confié les instrruments du pouvoir. Que les divers vaincus, de gauche, et de droite, vocifèrent la haine qu'ils ressentent, leur jalousie, fait partie de notre culture politique, de la négation intime de la démocratie, peu adaptée, pour ne pas dire incompatible, avec les éléments de notre histoire: ruralité, monarchie, catholicisme. Dès qu'on la gratte, on met à jour le fond anarcho-totalitaire*.

Oui, notre pays ne s'est pas formé par lui-même, mais résulte du projet des hommes forts qui en ont pris possession. Les parties de la France "embarquées" dans l'aventure lui étaient complètement indifférentes. Elles le sont toujours, simplement voilées par les symboles de l'unité républicaine, territoriale, politique. Les forces centrifuges s'expriment en permanence, parfois subtilement, comme dans cette affaire des 80 kmh.

Plus gravement, aussi, la patience, la complaisance, la tolérance, toutes des vertus, ne sont pas récompensées, mais excitent les jalousies, les frustrations. Vouloir être aimable est une qualité sociale, mais une faiblesse politique, au niveau présidentiel. S'il est vrai que pour être élu, il vous a fallu plaire, il n'y aura pas d'hypocrisie à défendre rudement le mandat, que les français vous ont confié. Ceux qui vous haïssaient vous haïssent toujours, ceux que vous décevrez se retireront, perdront un peu plus de leur confiance en la démocratie.

Donc, en leur nom, par la légitimité qu'ils vous ont assurée, vous avez le droit de sévir envers ceux qui nient le civisme en général, et le leur en particulier.

Si ceux qui seront rappelés à l'ordre seront mécontents, tous ceux qui rêvent d'un pays qui marche avec le souci de tous ses habitants, sans exception, sans favoritisme, vous en seront reconnaissants. En vous désignant comme leur Président, ils ont accepté votre autorité, ses actions.

Nos institutions ont pris en compte nos défauts, les simplement humains, les spécifiquement français. Vous avez reçu le droit d'en user, pour le bien général.

Notre démocratie fonctionne, de la meilleure manière, mais il est vrai qu'elle n'est pas enregistrée de la même façon par tous les esprits. Dès qu'on agit, on en fâche un certain nombre, qui est tenté de se prendre pour la totalité, ou de se réserver la Vérité. 

Vous n'aurez pas trop de dix ans pour accomplir le projet que vous avez présenté. Mais ces dix ans dépendent des cinq premiers, qui ont besoin d'énergie, et de bons soins.

Je compte sur vous, avec beaucoup d'autres.

Sceptique

* Chaque français rejette, en partie, ou en totalité, le pouvoir issu des élections, mais ne supporte pas l'idée qu'il en soit de même pour celui ou celle qu'il aura choisi.