De nombreux commentateurs, chroniqueurs ou journalistes, se font une joie d'analyser, de trier, et d'évaluer, les diverses synthèses des revendications fourre-tout des "gilets jaunes. Elles paraissent tellement éloignées de la réalité humaine, de ses organisations sociales, qui ne sont pas d'une variété infinie dans le monde réel.

Celles qui naissent d'une révolution, d'une crise grave, comme celle que nous vivons, ont elles une longue vie, dans la forme qui a été imaginée? Très peu. 

L'imagination humaine est prolifique, la réalisation, la mise en actes, ont moins de chances que les fantasmes.

Ce que va dire ce soir Emmanuel Macron, Président de la République sera certainement à des lieues de ce que les gilets jaunes revendiquent. Sa parole sera, aussi, à la fois tardive, au regard des événements, d'une brutalité destructrice, mais, aussi, non ajustée à l'esprit du jour, tel que le répandent toujours les protestataires.

C'est l'homme de raison, qui a raison, mais nombre de ses auditeurs resteront sourds. Comme lors de chaque crise violente de notre société . Fréquentes, en comparaison avec d'autres peuples.

Les conséquences, parfois très graves, en termes de violence, de destructions, d'actes de sauvagerie, inattendus, malgré les répétitions de l'histoire, de la part d'un peuple, dont la réputation de raffinement est solide, et généralement méritée.

Mais il est rarement en équilibre, jouissant d'une égalité des chances ressentie. Ce qui vient de se passer, dans un contexte de crise économique, et donc, sociale, est symptomatique d'un vécu d'insatisfaction massive. La Fance n'est pas encore vraiment sortie de la crise de 2008. Dix, ans, de déraison, d'impuissance de l'État, de surdité du peuple, c'est long. L'impatience a fait explosion.

Recoller les morceaux, reconstruire ce qui nous convenait est la meilleure solution, bien qu'elle soit lente. La table rase, qui fait rêver, est toujours un cauchemar.

Il y a dix huit mois, au terme d'un quinquennat....décevant, le candidat Emmanuel Macron, le plus jeune, le plus inattendu, a emporté la victoire, sur ses riveaux, dont quelques briscards de la politique. 

Il a commis quelques fautes psychologiques, non compensées par des succès palpables. Un excès de zèle écologique a mis le feu aux poudres.

IL vient de s'exprimer, fermement, mais chaleureusement, et a annoncé des mesures coûteuses, mais bien réparties. Elles épargneront les employeurs et les contribuables, mais nécessiteront une transgression temporaire des règles budgétaires européennes. Il a écarté un rétablissement de l'impôt sur la fortune, tueur de jeunes entreprises en phase de développement, de toutes façons évitable par un exil au delà de notre frontière, et n'empêchant pas la libre circulation en Europe. Il a restauré des recettes utilisées par Nicolas Sarkozy, abolies par François Hollande. Dont aucune mesure, par contre, n'a été reprise. 

Un gilet jaune, petit patron d'une petite entreprise, commentait en direct, avec quelques journalistes de LCI, les mesures énumérées par le Président de la République. Sa méfiance initiale s'apaisait , il admettait la prudence , l'évitement de toute démagogie facile à l'encontre du patronat.

Je n'ai entendu que quelques adjectifs en direction des casseurs et des pillards. Si, apaisés, les gilets jaunes arrêtent leurs manifestations hebdomadaires, les vandales perdont leur couverture et leur sécurité. Ce n'est qu'un épiphénomène récurrent, dont nous ne pouvons être fiers.

Sceptique

P.S. Si ces mesures ramènent la paix civile et sociale, les ambitions des rivaux et rivales du Président Macron, ne seront pas satisfaites. Le premier à gémir fut Dupont Aignan.