La grippe A, partie du Mexique il y a quelques mois, n'a pas, jusqu'à ce jour, causé les mêmes ravages que la grippe espagnole de 1917, sa lointaine ancêtre.

Nous serions des ignorants, sans télévision, sans radio, sans journaux, nous pourrions répondre à la question:"Et la grippe?", par l'étonnement:" La grippe? Quelle grippe?"

Mais là, avec tout ce qu'on déverse sur nos cerveaux à toute heure, entre deux incendies de forêts, ou deux épreuves sportives, il est impossible de ne pas savoir, et les docteurs Knock se déchaînent, y vont de leur science, et nous promettent que tôt ou tard, le dragon va s'éveiller et cracher ses flammes. Il sera bien sûr TROP TARD.

Comme il est du devoir des responsables politiques de ne pas se laisser surprendre par un accès de mauvaise humeur de ce virus, le gouvernement prend des mesures, dictées par les données scientifiques du moment, et les expose, en les justifiant, pour ne pas inquiéter la population, mais aussi pour ne pas être accusé d'impéritie. Au vu du nombre de malades avérés, de l'évolution des adolescents atteints, qu'on voit au télé-objectif faire des pitreries à destination des photographes de presse, il est légitime de penser que les politiques font du cinéma. La responsabilité gouvernementale a ses exigences. Sa prudence aussi: pas question de tomber dans l'embuscade d'un Pelloux épidémiologiste.

À droite, le Professeur Parpalaid-Debré se moque carrément du "bourrage de crânes" sur le thème d'une grippe qui est moins grave que la grippe saisonnière. Elle diffuse vite, c'est vrai, mais c'est parce qu'elle ne rencontre aucune résistance immunitaire. La comptabilité quotidienne des cas lui parait ridicule. "va-t-on se mettre à comptabiliser les diarrhées?", conclut-il, en comprenant que le gouvernement a du s'aligner sur le maximalisme de l'OMS, laquelle ne relâche pas la pression.

À gauche, Le Docteur Knock-Le Guen, député de Paris, Président du Conseil d'Administration de l'Assistance Publique à Paris, manifeste un embarras pesant. Partant des aphorismes de son modèle, il rappelle que "tout français bien portant est un malade en puissance", et que"la santé est un état précaire qui ne présage rien de bon". La mission qui lui est impartie de disqualifier la politique sanitaire du gouvernement, coupable d'excès d'optimisme, est semée d'embûches. Le souhait de son parti serait qu'une "bonne grippe", comme on dit une "bonne guerre", soit la peau de banane qui fera se casser la gueule le gouvernement de François Fillon, entraînant dans sa chute le Président Sarkozy. La déroute de la médecine, en somme.

Mais pour un médecin, socialiste, mais de toute évidence sans méchanceté, la déroute de la médecine, en place et lieu de son triomphe, est un drame cornélien. De plus, il n'a pas le pouvoir, même là où il est, de mettre les français au lit et de leur faire prendre leur température.

Alors, ses projections pessimistes et conditionnelles (si..., si..., si...) subissent la même incertitude que toutes autres. Ne pas souhaiter que le virus se fâche, tout en supputant un avantage politique périlleux, s'il en venait à ce changement d'humeur, n'est pas une mince affaire. Il y aurait des socialistes plus doués pour sadiser l'opinion publique, mais c'est la compétence en cette matière qui leur fait défaut.

Encore une fois, IL FAUT RAISON GARDER! Et la paix civile, en plus, si affinités.

Sceptique

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