Il y a ce qui se passe en dehors de la scène, une, deux, ou trois vies brisées, totalement, par le scandale et ses suites judiciaires, ou partiellement, par un traumatisme intime, et il y a ce qui nous est étalé quotidiennement, heure par heure, comme de la confiture sur une tartine, entretenant notre gourmandise. 

Il n'y a pas seulement ce que ses victimes disent, "urbi et orbi", à la presse, à la télé, à leurs amis et amies. Ce qui est dit est dit. "Ce qui est sorti d'une gorge ne peut pas y être remis", énonce un dicton anglais.

Il y a aussi ce qui est redit par les mêmes, mais aux enquêteurs auxquels est confiée, par le parquet*, l'enquête préliminaire. Et ce que redisent notre victime, et tous ceux et celles auxquels elle a fait des confidences, à la fois plus détaillé et cautionné par l'enregistrement des déclarations, arrive en temps réel...à la rédaction du "Monde"! Ainsi, "on" sait, le témoin à peine sorti des bureaux de la police, ce qu'il, ou elle, a ajouté à la science qui fait l'objet de ce billet.

Il n'est pas nécessaire que les interrogatoires se déroulent au siège du "quotidien du soir". Il y a partout, dans n'importe quel service de l'état, couvert, ou non, par le secret professionnel ou le secret de l'instruction, un "honorable correspondant" du "Monde". Et personne ne s'en étonne ou ne s'en offusque. C'est normal .

Dans une précédente affaire de fuite manifeste, le pouvoir, transgressant ses propres lois, protégeant les sources des journalistes, avait déniché le fonctionnaire indélicat, et l'avait muté. Et le journal a porté plainte contre l'État, et aura gain de cause!

Le plus drôle, c'est que dans son éditorial du 20 Juillet 2011 (avant-hier) le"Monde" salue d'un "tant mieux!" les ennuis du "système Murdoch", puni, ainsi que ses "complices" de Scotland Yard, pour les mêmes péchés**.

Dans la compétition "plus de liberté que moi, je meurs" la France et son "Monde" marquent un point sur le Royaume-Uni. Chicalors!

Sceptique

*Métonymie désignant le Procureur de la République qui a reçu la plainte de notre victime à nous.

**Plus graves, puisque non couverts par une loi.