Grave question soulevée par le journaliste otage, récupéré avec deux autres, moyennant un paquet d'argent pour les ravisseurs. Le "débriefing" effectué par nos services secrets a permis aux enquêteurs d'en savoir beaucoup sur les djihadistes français qui se font les griffes en Syrie rebelle, parmi lesquels a sévi Mehdi Nemmouche, l'assassin du musée juif de Bruxelles.

Pour protéger les otages occidentaux encore aux mains de ces nervis de l'État Islamique, nos services avaient recommandé à nos médias et à nos otages rapatriés de ne rien dire sur les preneurs et geôliers d'otages.

Tant que ces otages constituaient des objets d'échange, des moyens de pression, pour leurs gardiens, une telle position, malgré sa lacheté, son hypocrisie, était défendable.

Mais leur transformation en munitions pour le terrorisme, l'exécution des otages, Foley, puis Stoloff, ont bouleversé la donne. La guerre, réelle, entre l'E.I. et l'Occident, concrétisé par l'appui aérien américain aux défenseurs irakiens et kurdes, bousculés par les fanatiques, s'est traduite de leur côté par ces exécutions données en spectacle. Et il n'y a aucune raison, tant que le sort du combat est incertain, qu'ils reviennent à des "bons sentiments", pour faire lâcher la pression sur eux. 

Si les nations qui refusent l'État Islamique tiennent bon, livrent le combat nécessaire, à ces adeptes d'une utopie meurtrière, ils continueront un certain temps à tuer publiquement des otages occidentaux. Ils n'arrêteront que s'ils constatent que ces actes barbares ne nous font pas fléchir.

Le dévoilement de ce "secret" n'a donc plus, depuis "l'ouverture des hostilités", l'importance qu'il avait encore au moment de la libération de nos otages. La vérité sur Nemmouche n'est pas à son avantage, aggrave même son cas. Mais c'est ce qu'il voulait: être grandi par le mal qu'il était capable de faire.

Nous sommes actuellement dans la phase du pire.

Sceptique