Depuis des décennies, trois, au moins, plus près de quatre, notre État fait d'abord du social. Il redistribue le revenu intérieur brut à tout va, sous forme d'aides et d'allocations diverses à tous ceux qui en ont un besoin.

Ce faisant, il a affaibli notre économie, en chargeant toutes ses parties, production et services, et appauvri les classes moyennes au point de les rendre à leur tour dépendantes de ses bontés.

Ainsi pour le logement. Nous sommes en pénurie grave, par réduction de l'offre, mais aussi par réduction de la demande solvable. L'offre, là où les besoins sont grands, se renchérit, et devient inaccessible aux demandeurs. Mais par réflexe, face à un marché atone, elle se contracte à son tour. 

Dans d'autres lieux, l'offre est anormalement abondante, grâce à des programmes d'investissement pour nigauds, mais ce sont des commmunes ou des quartiers en sommeil, et les logements, à prix correct, n'intéressent personne.

Au total, l'offre chère l'emporte sur la demande solvable, et la tension persiste. L'État intervient sous la forme de plans grandioses, qui n'aboutissent pas. L'argent manque, l'offre reste insuffisante, la demande ne peut toujours aboutir.

L'État ne manque pas d'imagination pour dénouer le problème. Il encourage les investisseurs-bailleurs par des promesses sur l'imposition des biens et de leurs revenus. Mais comme il ne garantit pas le paiement des loyers, en laissant longuement impunis les impayés, il n'y a pas bousculade au portillon!

"Il" aide aussi les locataires par des allocations-logement accordées aux demandeurs aux revenus modestes, ou versés par les parents quand il s'agit d'étudiants.

Il y a toujours une bonne raison à ces aides, qui ne font qu'empêcher une aggravation de la crise du logement, mais comme notre État est en fait en faillite, et menacé en permanence par l'autorité européenne, et les agences de notation de la finance internationale, et bien, voilà qu'il se pose la question de sa générosité. Ne devrait-il pas commencer sa charité par lui-même?

Il en est beaucoup question ces jour-ci, et les conseillers de l'État font l'inventaire de ceux qui pourraient crier trop fort, ou descendre dans la rue. Les étudiants constituent un gros poste, mais ils savent se défendre. Leurs parents, par contre, qui les entretiennent en majeure partie, et les comptent donc dans le foyer fiscal, pourraient avoir à choisir. Aide au logement étudiant, ou déduction fiscale. Pas les deux.

"Ils" ne constituent, ni une masse électoralement significative, ni un groupe de pression capable de violence. Ils paieront en silence.

Soyons sûrs que la crise du logement ne sera pas réglée par cette mesure symbolique. La Première Guerre Mondiale, qui a inauguré, par ses destructions, notre problématique du logement, a commencé à fêter son centenaire l'an dernier. Nous ne savons pas faire. Pour une raison simple. Aucun ratage ne modifie notre compréhension du problème, et donc, ses solutions, aussi perennes qu'inefficaces.

Je doute qu'une économie substantielle soit découverte dans ce secteur.

Sceptique