Comment peut vivre un homme politique, parvenant au faite, à la Présidence de la République, et se voir, à l'approche de la dernière ligne droite, chahuté, conspué, par les plus dorlotés de ses électeurs? Tandis qu'au sud-est, d'autres bons électeurs lui refont le coup de Roye, pour obtenir le même passe droit, en usant des mêmes méthodes, de défi à l'État. Le dit État sera-t-il contraint à la répétition?

Quelques jours auparavant, il avait réuni tous ceux qu'il faut rassurer et flatter, car supposés faire la pluie et le beau temps pour la classe ouvrière, lui tenir la main, le jour du vote convoité. Hélas, le principal syndicat avait boudé, décliné l'invitation. La motion de défiance, de classement du quinquennat en pertes et profits, était évidente. Rien n'était plus à attendre de sa fréquentation.

Cette campagne électorale, dont il faut taire son adjectif, sans tromper personne, provoque l'hilarité et la colère. Personne ne peut imaginer que les vingt pour cent de popularité restants puissent se transformer en cinquante virgule un pour cent.

Il est vrai que la perspective d'être remplacé par son prédécesseur, ou, pire encore, par Marine Le Pen, serait on ne peut moins glorieuse pour la gauche, dite, "de gouvernement". Le baroud d'honneur est-il une bonne idée?

Il y a une différence entre "gouverner les français" et "gouverner la France". Il y a souvent un glissement vers la facilité de la démagogie. Ça rapporte plus de voix, un court instant. 

Mais c'est à la fois trop tôt et trop tard. Trop tard, car trop de mal a été fait, trop tôt, parce que d'ici à 2017 des avatars sérieux et mal gérés ont le temps de survenir.

Un homme, quel qu'il soit, n'accomplit pas de miracles.

Sceptique