C'est une réplique de la bataille d'Hastings: la blessure infligée à Harold Fillon affole ses troupes et leur débandade s'accélère.

Ceux qui possèdent un chateau s'y enferment, abaissent la grille et lèvent le pont-levis. Si le blessé se présente, les défenseurs ne lui ouvriront pas.

À ce compte là, le roi blessé sera vite mort, et la victoire sera pour les tueurs.

Se démasqueront-ils pour revendiquer l'héritage?  Comme personne ne s'est vanté du coup, que les soupçons ne peuvent viser qu'une foule d'assassins anonymes, les regards se tournent vers les fuyards, et ne voient que leurs dos.

Que peut faire un chef blessé et abandonné par ses troupes? Fin de l'histoire? Il faut le craindre.

Ce triste aboutissement d'une marche rassembleuse et enthousiaste, on ne voit pas comment il se transformerait en succès d'un autre, promu général, ou rappelé de sa retraite. Qui fera confiance? En qui?

J'ai eu l'occasion de remarquer que la primaire, inaugurée par la gauche en 2006, perfectionnée en 2011,n'avait pas fait la preuve d'éclectisme. Celle de la droite en 2016 semblait plus loyale, plus solide. Elle vole en éclats au premier coup, mais ce sont les hommes qui flanchent, et le principe suit.

Ces dernières heures, il est plus souvent question de désertions que d'actes d'héroïsmes, de serments de fidélité. Les complots fleurissent. Qu'en sera-t-il après la grand-messe de Compiègne demain-soir?

Il ne faut pas que les déserteurs se fassent des illusions. Il n'y a pas de plan B. Aucun notable des Républicains ou du Centre ne ralliera l'électorat potentiel de François Fillon,sauf, peut-être, si c'est lui qui désigne un remplaçant.

Dans le contexte actuel,c'est Macron qui ramassera les marrons chauds.

Il vaudrait mieux que ceux qui se réclament du Gaullisme s'imprègnent de l'esprit de la résistance, mettent en actes leurs devoirs envers leur chef désigné. Ça ne leur coûtera pas plus cher.

Sursum corda !

Sceptique