Quelle promesse? Si j'en crois l'unique tract reçu de son mouvement, celle de la retraite par répartition, à 62 ans.

Un fac-similé de sa signature, quelques mots chaleureux manuscrits, sont présumés authentifier l'origine. "On" a du lui souffler que cette promesse faisait partie de la plus élémentaire prudence. Il l'a suivie. Son projet de retraite à points, très raisonnable, a du être considéré comme trop savant pour être compris et admis.

Mais les gestionnaires des caisses de retraite sont unanimes à juger nécessaire de pousser l'âge de départ à 65 ans, au minimum. Cette nécessité tient à l'allongement de la vie, et au rétrécissement de la base de cotisation. Dans le secteur privé, où cette base est prise en considération, de quatre cotisants pour un retraité, le ratio est passé à un pour un! Un actif est supposé payer, avec ses cotisations, la pension d'un retraité. Ça n'a jamais été possible, et le régime de base, le seul concerné, est renfloué par le budget de l'État, autrement dit l'impôt ou de la dette. La vraie retraite est servie par les caisses complémentaires, spécifiques des professions ou des branches, dont les cotisations sont fixées par les partenaires sociaux, sous le contrôle de l'État. Le principe de la répartition n'est que fictif, à ce niveau de bricolage. À ce titre, il est attaqué par les acteurs économiques, ou les gestionnaires, qui préféreraient la capitalisation. Dont la vulnérabilité fait peur à ceux qui savent.

La retraite par points, plus souple, permettant des rachats pendant les périodes fastes de la vie, est plus compliquée. Elle est handicapée par la conviction, très enracinée, que la retraite est payée par les cotisations payées et thésaurisées au long de la vie active. Globalement, si le mot "répartition" est connu, son mécanisme ne l'est pas, par la majorité des cotisants et des pensionnés. "My money back!", protestent-ils comme Madame Thatcher!

Des facteurs psychologiques collectifs jouent un rôle pervers. La manipulation politique de l'âge de départ est la recette électorale la plus utilisée. Les français sont, pour la plupart, tenaillés par la peur de perdre leur travail avant d'avoir atteint l'âge requis. Toute avancée de l'âge de départ est applaudie sans réflexion.

La nécessité comptable nous a péniblement, au prix de luttes coûteuses sous forme de grèves paralysantes et d'émeutes épuisantes, fait arriver à 62 ans (pour le peuple ordinaire), alors que tous les autres pays de l'U.E. sont à 65 ans ou plus. La pression démagogique est toujours aussi forte, et je peux comprendre la prudence, ou le mensonge délibéré (FN, gauches), sur ce sujet majeur. 

Je prête au plus que probable élu Président de la République, dans trois jours, Emmanuel Macron, une intelligence le mettant à l'abri d'un dogmatisme, ou d'une obstination, autre que tactique. Ses dernières promesses sur le chapitre des retraites ne sont pas tenables. Il ne l'ignore sûrement pas, mais l'Élysée, le pouvoir qui lui est associé, justifient la menterie. On perd une élection pour moins que ça.

Inch'allah!

Sceptique