Cette élection triomphale, proche des deux tiers des voix, d'un homme que peu de français connaissaient, il y a deux ans, témoigne d'une part, de l'aura de l'homme, de sa capacité de convaincre, d'emballer, et de l'attente du peuple français de quelqu'un de nouveau, tenant un discours nouveau, ne trainant aucune casserole politique ou autre, d'autre part. "On" a eu beau chercher, supplier tous les services "agit-prop" du monde, qui s'y sont mis avec zèle, "on" n'a rien trouvé de sérieux, rien.

De son côté, il a tellement peaufiné son discours de remerciements et d'engagements, pendant une bonne heure, qu'il m'est apparu fatigué, tendu, victime, peut-être aussi, d'une mauvaise prise de vue.

Je me suis relevé dans la nuit, "j'ai pris de ses nouvelles", et les divers commentaires des médias, circulant sur internet, au milieu des soupirs et des insultes, m'ont rassuré. Il n'était plus question, pour les uns que des difficultés qu'il allait rencontrer pour se faire élire une majorité sincère et fiable, et pour d'autres, de préparer les revendications politiques en échange d'un soutien résigné.

Mais ses fidèles des premières heures, semaines ou mois, nous rappelaient, que, parfaitement conscient des difficultés à être bien secondé, il avait fait en sorte de ne subir aucune mauvaise surprise.

Parmi ceux qui trainent les pieds, chaussés de godillots, il y a les Républicains, privés d'une alternance qui paraissait certaine. "Ils" ont appelé à voter pour lui, par refus d'un éventuel succès de Marine Le Pen, mais il lui contestent la capacité à gouverner. Pour peser sur lui, il leur faut un franc succès aux législatives, un groupe de parlementaires assez étoffé pour imposer leur programme (celui des Républicains), en échange de leur soutien(à la petite semaine). 

Ce chantage est tout à fait contraire à l'esprit des institutions de la Vème République, et, de plus, probablement aléatoire. Il serait tellement plus sûr de négocier un accord programmatique avec le Président élu, et le faire défendre par les candidats LR. Reste, évidemment, l'hypothèse qu'il refuse ce contrat de gouvernement. 

Il est aussi plus probable que, quels que soient leurs mérites, tous les députés LR ou centristes de la législature finissante ne seront pas réélus. L'onction présidentielle profitera à leurs concurrents désignés par En Marche.

C'est, là encore, la dure loi, ou la dure chance, de la Vème République, qui a couplé l'élection présidentielle et le renouvellement de la Chambre des Députés. Et l'histoire a montré, en 1997, qu'il valait mieux ne pas s'en écarter.

Sceptique