On savait qu'il avait été "bûcheur", un élève surdoué, curieux de tout, tâtant de tout. Dilettante, quand même, il n'avait pas tous les diplômes décernés par l'enseignement supérieur français. Même pas Normalien, vous rendez-vous compte? L'ENA, dans la botte, c'est tout!

Il faisait cependant l'admiration de ses condisciples, de ses professeurs. Au delà de ce cercle privilégié, les français sont vaccinés contre l'épate. La République n'est plus considérée comme ayant besoin de savants, depuis longtemps.

On salue poliment nos prix Nobel, sans toujours chercher ce qui leur a valu cette récompense.

Quant à la politique, si le savoir donne quelques chances de plus, il est de bon ton d'en affirmer l'inutilité. L'ignorance, l'inculture, ne sont plus, depuis longtemps, des obstacles à une belle carrière.

C'est pourquoi l'ambivalence a accueilli Emmanuel Macron, quand il est sorti de l'ombre que lui faisait son "inventeur" et son mentor, le Président François Hollande. "Il" n'était connu que d'un cercle très restreint.

Quand il a annoncé, "me voilà, je me présente....à la présidence de la République, que pouvait-on dire d'autre que: "Il est gonflé!

Cela voulait quand même dire que la philosophie ne lui suffisait pas, qu'il voulait "aller au charbon", dévier la trajectoire, vers l'abyme, de la nation France. Pas simplement être le prophète de sa disparition.

Tout de suite, il a soulevé des foules, qui se sont rangées sous sa bannière, il a rallié des hommes politiques, qui ont misé sur son avenir. Il i a hérissé tous les haineux du territoire, de toutes obédiences. Ce qui fait beaucoup de monde. 

Les élections présidentielles ont eu lieu. Le principal rival a été plombé par une action médiatico-juridico-politique bien menée, dont il ne s'est pas remis. Mais son testament a été:"votez Macron!"

En deux tours, l'affaire a été pliée. Emmanuel Macron a été bien élu Président de la République avec les deux tiers des votes exprimés.

Après les rites de passage traditionnels, il s'est installé à l'Élysée, et son quinquennat vient de commencer.

Tout de suite, il a été "spécial". Par son ordre de priorités, autre que celui des rites. Il s'est arraché la nomination de son Premier Ministre, mais lui a tenu la bride pour le gouvernement, réduit à quinze ministres, hommes, et femmes à égalité. Une première difficulté mathématique. Il les veut, aussi, d'immaculée conception. Est-ce indispensable? En tout cas, le pays ne semble pas en souffrir. L'administration assure l'intérim.

Il semble avoir bien pesé les volets politique et moral. En matière politique, il a annoncé une parité gauche-droite, en moralité, je me répète, la blancheur Persil. Une vraie rupture!

Mais je reviens à mon sujet, qui est aussi le sien. Selon la philosophe  Sperantu Dumitru, qui enseigne actuellement en France, la politique du Président Macron serait inspirée par l'américain John Rawls, qui a conçu le "libéralisme égalitaire", et par l'indien Amartya Sen, dont les travaux ont abouti à la définition d'un indice de bonheur des peuples, ayant pris toute sa place dans les statistiques, et récompensé par le Prix Nobel d'Économie. Un de mes amis, féru de statistiques, me l'a fait découvrir, mais sans me révéler sa filiation.

Cette information est capitale. L'oeuvre qu'engage le Président Macron est à la fois personnelle, et fondée sur une science humaine. Le projet est savant, pas fantaisiste. Le problème est la résistance des français aux sciences, toutes confondues. Allons-nous, ou non, faire de la résistance?

Sceptique