La radicalisation peut concerner n'importe quelle religion, n'importe quelle idéologie politique, dès lors que ces rassemblements autour d'une croyance ou d'une idée sont convaincus de leur Vérité, et de leur supériorité sur toutes les autres, devenues Erreurs.

Leur Révélation, par un prophète de la nouvelle religion, ou de la nouvelle idéologie, par son auteur, ou son développeur, séduit un certain nombre de personnes, en manque de certitudes, disposées à se pencher sur la Vérité proposée, et constituant le premier noyau de fidèles.

L'insatisfaction au présent, l'attente de jours meilleurs, sont le terreau où va germer le désir de nouveauté, chassant l'erreur disqualifiée. La conviction du prophète, sa prédication inlassable, la fabrication de miracles ont été à l'origine de toutes les religions qui se partagent aujourd'hui le monde. Le développement de l'esprit humain, l'information en temps réel d'une majorité de l'humanité, rendrait très difficile aujourd'hui l'apparition et le développement comparable d'une nouvelle religion postulant une divinité conduisant l'ensemble.

Mais les dernières arrivées ont disposé de la réceptivité nécessaire pour convaincre les masses humaines et participer, à la première place, à l'identité des peuples acquis à la nouvelle religion, présentée comme renouvelant des croyances dévoyées. 

Faire connaitre la nouvelle Vérité, faire chasser la précédente devenue erreur, a constitué la tâche sacrée des héritiers désignés par les prophètes*. L'âge minimum de chacune des religions dites "du Livre", apparentées par leur référence à l'Ancien Testament, est actuellement de deux mille ans pour le christianisme, et de quatorze siècles pour l'islam. La religion "mère", le judaïsme, à une origine plus ancienne que l'ère proprement historique, dont les principaux faits sont datés avec une précision acceptable.

Il est bien connu que ces trois religions, tout en se reconnaissant une affiliation, s'excluent mutuellement comme Vérité. Le judaïsme n'est pas, pour lui-même, unitaire, mais il l'est face aux autres, coupables d'un long passé de rejet et de persécutions.

Le christianisme a été combattu par l'islam naissant, et a du le combattre pendant des siècles, pour conserver sa position dominante en Europe. Par contre, il a perdu sa première place en Orient et en Afrique.

De nos jours, l'islam a pris une place en Europe, non par une conquête, mais par son accompagnement d'une immigration économique. L'évolution des esprits en Europe, leur contestation active, ou passive, des religions, fait que toutes sont sur la défensive, et ont perdu tout ou partie de leur influence sur leurs adeptes, leurs choix de vie, la solidité de leur croyance, leur détermination à défendre leur religion.

L'islam a encore une place enviable pour l'observance de ses rites, de ses prescriptions, mais peut douter de la détermination de ses adeptes à le défendre en cas de conflit ouvert. C'est pourquoi certains adeptes** se radicalisent et entrent en guerre sainte contre l'environnement impie, soit sur place (le terrorisme) soit par le djihad, sur les fronts ouverts au moyen-orient, entre l'islam sécularisé, et celui qui s'est crispé sur le souvenir du triomphe initial.

Les radicalisés, candidats au terrorisme, ou engagés sur les fronts actifs orientaux, sont, de fait, exclus de nos sociétés, et doivent en répondre, qu'ls aient agi sur place, ou qu'ils se soient engagés sur des fronts du moyen-Orient. Notre outillage judiciaire ne serait pas adapté à ce type de transgression. François Fillon, candidat à la Présidence de la République cette année, affirmait, qu'au contraire, la mention de ces situations, et les sanctions prévues, existaient bien dans notre code pénal. Poussiéreuses, mais pas abolies.

En attendant que cette question de droit pénal soit traitée par le pouvoir législatif, l'existence de radicalisés sur notre territoire, ou susceptibles d'y revenir après avoir fait campagne sur des fronts du Moyen-Orient pose un problème à nos gouvernants. Pris en tenaille entre nos radicaux et nos indulgents, qui préféreraient n'y voir que de simples erreurs de jeunesse.

Mais comment s'en assurer? Forger une confiance? Les bilans affreux de passages à l'acte de radicalisés méconnus, ou inspirant une confiance absurde, incitent à la prudence, et à une sévérité préventive.

Il s'agit alors de choisir la bonne méthode, promettant les meilleurs résultats. Aucune n'est fiable. L'être humain a la capacité de dissimiler, de tromper sur ses sentiments, ses intentions. À partir de quelle durée de sagesse apparente, la méfiance peut tomber? L'expérience ne fournit pas de réponse. On se fait, ou on ne se fait pas, avoir.

 La candeur qui accompagne les bonnes mesures préventives, n'est pas toujours récompensée, mais n'est pas toujours trompée. Une solution est une surveillance discrète et prolongée. Il faut en avoir les moyens, rapidement mobilisables, mais régulièrement affaiblis dès que la pression islamiste diminue. Il ne faut cependant pas regretter que notre société soit pacifiste et tolérante

Un changement de contexte, une défaite "éliminatoire" du radicalisme islamique***, serait-il le prologue d'une fin du terrorisme de cette catégorie? C'est un beau rêve.

Sceptique

*Jésus, Mahomet(Mohammad).

**Olivier Roy, islamologue réputé, voit le recrutement des radicalisés parmi les jeunes de la deuxième génération d'immigrés, en échec social et professionnel, tombés dans la délinquance. C'est en prison qu'ils se radicalisent, ciblant davantage la société dans son ensemble, que sa référence chrétienne.

*** Olivier Roy, encore, considère l'islamisme politique comme voué à un échec irrémédiable, .