Il en existe une partie, faite de grandes entreprises, nationalisées un temps(Mitterrand), puis re-privatisées par la droite revenue au pouvoir, considérant leur mauvaise gestion, parfois scandaleuse (Crédit Lyonnais) et la baisse de leurs performances. Elles forment maintenant la majeure partie du CAC 40.

Il en existe des milliers, petites et moyennes, atteignant deux à trois centaines de salariés, au statut de SARL, non côtées en bourse. Ce tissu de PME a une très grande importance économique et sociale, mais il est fragile, ses marges bénéficiaires étant minces, à la merci des fluctuations mondiales, et des politiques absurdes.

Comme partout ailleurs dans le monde de l'époque, la seconde révolution industrielle a motivé un capitalisme permettant d'exploiter les inventions de cette révolution technologique.

Mais, en France, ce développement capitaliste a été vite rattrapé par une contestation théorique de ses principes et de ses méthodes. Le marxisme a été l'armature de la contestation intellectuelle, et de la contestation sociale, sous forme de grèves, violentes, à l'occasion. Les nouveaux partis de gauche ont rassemblé tous les contestataires de ce type d'économie, reposant, il est vrai, sur la domination du plus fort. 

Le droit a longtemps été absent de la cohabitation entre l'industrie capitaliste et la classe ouvrière. Le bras de fer l'a remplacé.

Quant à la politique, elle s'est naturellement partagée entre les "victimes" du capitalisme, à gauche, et les "bénéficiaires", associés aux "pragmatiques", pas indifférents aux avantages divers permis par la nouvelle économie.

Notre État, héritier d'une monarchie très interventioniste en matière d'économie, a laissé faire les capitalistes, mais, retrouvait périodiquement les réflexes colbertistes, dès qu'une catastrophe menaçait un secteur important de l'économie, et les habitants qui en dépendaient étroitement. L'État-Providence s'est fortifié au fil des nécessités. Les risques de l'économie capitaliste n'ont jamais été bien acceptés, comme fatalités. 

Sur le plan politique, les partis de gauche puisaient leur force dans les difficultés de l'économie capitaliste. Son sort faisait de plus en plus partie de leurs intentions.

La défaite de 1940 et l'occupation qui a suivi, a renforcé la détermination et l'influence des partis anticapitalistes (communiste et socialiste), qui, en 1945, ont profité du désaveu et de l'effacement du Général De Gaulle, pour effectuer la nationalisation (et socialisation), de toutes les pièces importantes de notre économie:énergie, industrie lourde, banques. Leurs personnels ont reçu un statut de fonction publique, leur satisfaction avant celle des clients ou des usagers a été imposée. Le reste de la population a du s'y faire.

Si cette transformation totale de notre économie a partiellement régressé depuis, c'est en raison de ses inconvénients et de ses faiblesses qui ont handicapé la France dans son ensemble. La politique a du déshabiller Paul pour couvrir les autres catégories en haillons. Ça n'a pas été plus loin. Il y a toujours deux sortes de salariat, le précaire et le protégé. Si le secteur public, protégé, a régressé, sous la pression de l'Europe, majoritairement libérale, ou moins socialiste, plutôt, il reste encore le plus lourd handicap de l'économie française, par sa gestion impossible.

Je dois rappeler que pour intéresser les investisseurs, les grandes entreprises nationalisées, comme EDF, GDF, les Autoroutes, ont été ouvertes aux capitaux privés. Mais l'État intervenant constamment dans la gestion de ces entreprises, sans considération pour les actionnaires minoritaires, ceux-ci se sont en grande partie retirés, ce qui a diminué, encore, la valeur de ces actions.

Les libéraux peuvent-ils espérer mieux? Dans l'espace des rès petites, petites, et moyennes entreprises, oui, à petites doses. Pour les grandes entreprises, très contrôlées par les syndicats, en majorité marxistes, non.

On vient de le voir avec les chantiers navals de Saint-Nazaire. Leur actionnaire coréen étant failli, il fallait trouver un repreneur compétent dans ce domaine de la construction navale. L'italien Fincantieri a accepté de s'engager, à ses conditions. C'est à dire conformes aux intérêts de la partie italienne. 

Prenant le relais, le Président Macron, aux réflexes bien français, a finalement désavoué le contrat signé par son prédécesseur. Pour faire pression sur le partenaire italien, il a décidé la nationalisation, "provisoire", des chantiers navals de Saint-Nazaire. Que sortira-t-il de cette "combinazione? Probablement RIEN!

Dans la première version, en cas de baisse du plan de charge, le partenaire italien aurait favorisé son propre chantier. La seconde version, qui lui est imposée, pourrait bien être rejetée, et la nationalisation, perpétuée, avec les résultats mirobolants qu'on connait.

Comme je l'ai écrit, déjà, dans ce genre de bras de fer, nous nous faisons toujours avoir. Pour changer de méthode, il faudrait changer de principes fondamentaux. D'aucuns en ont de tout prêts, le communisme, habillé de tissu à fleurs. D'autres, proposent les libéraux, majoritairement rejetés. Quand tout le monde a tort, tout le monde a raison....un court moment.

Nos chromosomes, ruralité*, monarchie, catholicisme, sont en conflit avec les importés, comme le libéralisme, en provenance des pays anglo-saxons et protestants. Jusqu'ici, ce sont toujours les plus anciens qui ont gagné

Sceptique

*Les manufactures, première forme des indusries, ont toutes, ou presque, été créées par décision royale, directement, ou par l'intermédiaire de services royaux (Marine royale).