Le Président de la "Generalitat" Catalogne, Mr Puigdemont, a donc prononcé son discours, affirmant les droits, moraux, et aussi, politiques, à l'indépendance.

Il s'est appuyé sur les résultats du référendum du 1er Octobre, donnant 90% des voix au oui à l'indépendance, malgré les désordres résultant des interventions de la justice, et l'absence de tout contrôle équilibré, comme il est d'usage dans les démocraties évoluées. Cette proportion de 90% ne s'était jamais vue jusqu'alors, lors de scrutins consacrés à cet enjeu.

Il a donc mis sur la table tous les arguments favorables à sa cause, mais il demandé au Parlement Catalan de différer la proclamation d'indépendance, le temps nécessaire à la négociation avec Madrid, devant être conclue par la renonciation de l'État espagnol à sa partie catalane.

Cette apparence d'improvisation sage et souple est dénoncée par l'analyse qu'en fait le journal L'Opinion, de Nicolas Beytout. Qui y voit l'aboutissement d'un plan très précis, élaboré par les partis catalans appréciant à des degrés divers l'idée de l'indépendance de la province. Bien préparée, dans tous ses détails, la marche vers l'indépendance doit franchir les obstacles un par un, sans heurts, sans doutes ou réserves imprévues.

Même l'aspect économique, négatif, est pris en compte sereinement. Comme notre Révolution "n'avait pas besoin de savants", la Catalogne libre n'a pas besoin de la prospérité qui lui faisait regarder de haut le reste de l'Espagne. 

La fuite des acteurs de cette prospérité ne trouble pas les indépendantistes, dont une partie est, d'ailleurs, hostile au modèle "capitaliste". On se serrera dignement la ceinture!

J'ai envie de dire:"ça promet!". 

L'indépendance est un jouet, qui cassera peut-être, qui ruinera probablement la Catalogne, qui la jettera, avec la même probabilité, dans la besace d'une dictature qui veillera à son silence. Les indépendantistes tiennent à leur principe, même s'il risque d'évoluer vers une "république populaire", dont la part "populaire" est contrainte au silence.

L'Espagne se retrouve dans la situation de 1936, mais sans militaires.

Sceptique