Il y a quelques mois, quand la Guyane Française a fait la grève pour recevoir plein de cadeaux, il lui en a été promis autant qu'elle voulait. Elle attend toujours, semble-t-il, car les demandeurs accueillent fraichement le successeur, Emmanuel Macron.

Ce dernier, qui fait régulièrement des tournées dans les confettis lointains de l'ex-Empire français, maintenant agglomérat de dom, de tom*, et de territoires**, vient de débarquer en Guyane. À peine le pied posé, il a rappelé:"Je ne suis pas le Père Noël!" Ça ne pouvait que fâcher tout le monde.

Il était évident que les promesses du président Hollande, alignées à quelques liasses d'euros près, sur les exigences des guyanais révoltés (par notre pingrerie), ne seraient pas tenues. Ce n'était pas le genre de la maison, et la "Métropole" n'en avait pas les moyens, de toute façon. Avant de distribuer, il fallait d'abord remplir la caisse....vidée tous les jours depuis quatre ans.

Un coup pour rien, il faut tout recommencer, se sont dit logiquement les guyanais.

Macron préfère ne rien promettre, d'une part, il sait dire non, d'une autre. Surtout si on ne lui demande pas gentiment, ce qui n'est que le cas, en Guyane. C'est la dureté, inapparente, du pays, qui veut ça. Sa luxuriance cache sa haine de l'homme, la répétition de sa mise en échec. Les vaincus d'avance se réfugient dans la colère.

Il y a, en plus, aux alentours de la Guyane française, des humains bien plus malheureux que les français de Guyane. Au plus près, des brésiliens, et des surinamiens, délivrés de la tutelle des hollandais, et de la prospérité qu'ils entretenaient. Et il y a les haïtiens, plus loin situés, mais qui savent qu'il n'est pas si mal de vivre sous le drapeau français que dans leur île, délivrée depuis deux siècles.

La Guyane est le morceau d'Amérique du Sud, que nos rivaux portugais et anglais ne nous ont pas disputé, après nous avoir chassés d'ailleurs. "Ils" s'étaient vite aperçus qu'elle ne valait pas grand chose, pour ne pas dire, rien.

Il y a peut être d'autres moyens, à notre époque, de créer une autre forme de prospérité que celle des siècles précédents, moins dépendante du climat, qui n'est pas si terrible, dans cette partie du continent, mais pas des meilleurs, pour les activités ordinaires des tropiques. De toute façon peu ou pas enrichissantes.

Il en résulte que la satisfaction à 100% des exigences de guyanais, pourrait bien....ne rien résoudre. Surtout dans les conditions avantageuses, copiées sur celles de la métropole, appliquées au travail en Guyane et dans les autres Dom-Tom.

Une autonomie large, dont les détails seraient élaborés, d'une manière visant loin, par les habitants, serait plus tenable que le coucouning dont jouissent, en fait, les dom-tom français.

On peut toujours rêver!

Sceptique

*Les D.O.M. ont le statut de département français, sans différence majeure d'avec un département métropolitain.

**Les T.O.M. sont peu habités, ou désertiques, non sans raison, et sont les séquelles des explorations des navigateurs français du dix-neuvième siècle, dans les régions polaires du sud. Les autres faisaient de même. Le mimétisme ne reposait sur rien de sûr, mais, "des fois que..?"