Frédéric Lenoir est lui-même un philosophe.  Par son livre "LE MIRACLE SPINOZA', il traduit en langage moderne et clair l'oeuvre du philosophe, qui a osé, à une période très difficile, et à ses risques et périls, poser des bases saines à l'athéisme. Non violent, non haineux, comme il le devient souvent, se comportant comme une autre religion, servant une idéologie, intolérante et meurtrière.

Spinoza fait naturellement partie de mon propre parcours vers une vérité acceptable. Mais j'avoue que la lecture directe d'une petite partie de son oeuvre m'a été difficile, à peine suffisante à sa compréhension.

Le livre de Frédéric Lenoir arrive à temps pour m'éviter de mourir idiot. Je savais ce que lui doivent l'histoire des idées, et la démocratie, partie de l'Europe* vers le reste du monde. Mais pas le prix payé par le philosophe et les penseurs de cette époque, où, en matière d'obscurantisme, le catholicisme et les protestantismes n'étaient séparés que par l'épaisseur d'un cheveu.

Depuis ce nouveau point de départ, la violence de l'humanité a prolongé son parcours de quelques siècles, et  millions de morts. Il n'y a pas si longtemps qu'elle a manifesté, dans cette partie du monde, une lassitude  de tuer, au nom de Dieu ou d'une idée, et une auto-critique de ses motifs, de ses méthodes.

On ne peut pas dire que la violence, comme sentiment, comme passion, a disparu de nos sociétés. Pas de la française, c'est sûr!

C'est pourquoi Spinoza, dans l'oeuvre duquel je n'ai trouvé que de la Raison, ne doit pas être oublié. Notre monde, même s'il n'est pas le pire de l'humanité, a un vrai besoin de lui. Sa présentation, l'exégèse de son oeuvre, sont des bienfaits de Frédéric Lenoir, et justifient un coup de pub.

Sceptique

Post-scriptum: Je n'étais pas arrivé au bout de ce livre quand je me suis décidé à en faire l'éloge. Je l'ai repris précisément à la page où l'auteur aborde la question de....l'athéisme de Spinoza. Relatif, selon nos critères, en fait. Il en était accusé par ses ennemies, les religions de son époque. Son déisme préfigure les théories cosmologiques qui suivront, tentant de décrire la cohérence du monde connu, de l'Univers observable. Ce n'est pas un Être qui s'occupe des hommes, les juge, répond à leurs demandes, à leurs angoisses. Il est là, témoin de la perfection du monde existant...connu.

Spinoza perçoit que, pour les hommes, Dieu est à leur image....mais bonne. Lui en fait un principe fondateur, organisateur, de cohésion. Pour les hommes de son époque, c'est une hérésie.