Je penchais pour les crocodiles, mais la vérité n'est pas utile au décor des jeux du cirque. Seul le fond contient une bonne part de la vérité.

Le choix du Président de la République, de mettre sa tête dans la gueule des deux journalistes les plus méchants de France, était calculé. Il avait confiance en la solidité de son crâne, et dans le bon sens professionnel des deux journalistes. Ils torturent, mais jamais à mort.

"Qu'allait il faire dans cette galère?" était le leitmotiv de tous les commentateurs avant la séance. Pourquoi ce choix morbide, pour ne pas dire masochiste?

Tout art est difficile, un martial autant qu'un autre. L'un et l'autre journaliste vivent de leur réputation de tortionnaires. Je n'ajouterai pas "de mauvaise foi", puisqu'il n'y en a pas d'autre.

Par contre, le Président Macron, handicapé par sa réputation de séducteur, par son esprit brillant, trouvait un intérêt à croiser le fer avec ces coeurs de pierre, tenant à leur réputation.

J'ai résisté une bonne heure. Le Président restait frais, tant sur la forme que sur le fond, les deux journalistes raclaient leur fond gauchiste, leur ignorance militante. Il y a longtemps, très longtemps, que les soit-disant vertus de la discussion-qui- amènent à la Vérité, me font rire. S'il n' y a pas de mort, comme prévu à ce niveau, le match est nul. Je pense que celui-ci a confirmé mon pronostic. L'exercice de rhétorique n'a pas dérogé à la règle. La presse étrangère n'en dit pas un mot ce matin, l'affaire reste franco-française, à l'écart de la Raison.

La France est elle gouvernable "gentiment"? Telle est la question posée au président. J'imagine que son débat d'hier soir a du le pousser vers un pessimisme, une perte d'illusions, s'il en avait encore. 

Pourvu qu'il tienne! Et sans douceur. Nous avons déjà donné...pour rien!

Sceptique