Malaise dans le diocèse de Mgr Barbarin. Un de ses prêtres intente une action judiciaire contre son évêque, parce qu'il ne dénonce pas à la justice les comportements pédophiles qui lui sont rapportés. À ce jour, c'est le dénonciateur qui se fait mettre à pied.

Qui a raison dans l'affaire, douloureuse et incongrue, de ces actes pédophiles, commis dans le sein de l'Église?

Le monde laïque, fidèles compris, semble favorable à l'intervention de la justice ordinaire. Mais la séparation des églises et de l'État apparait comme un obstacle à l'intervention de ce dernier. Qui n'est plus "le bras séculier" de l'Église, comme il l'était auparavant. Il est cependant raisonnable de penser qu'il le reste en cas de crime.

L'acte pédophile en est un s'il a été obtenu par la violence. Il y a alors "viol". Dans les cas dénoncés par les victimes, il s'agit de séductions, qualifiées d'abus d'autorité d'un majeur sur un mineur.

Quelle est la difficulté particulière de l'Église, abusée, elle aussi? L'ordination des prêtres est irréversible. Il peuvent être interdits, privés de fonction.  Mais ils restent prêtres. Ils conservent le pouvoir de pratiquer les sacrements. L'Église conserve une responsabilité morale.

Mais il appartient aux victimes d'actes pédophiles de mener les actions judiciaires qu'ils décident. L'institution ecclésiastique ne prend que des décisions disciplinaires. Il n'est pas dans sa tradition de dénoncer. Autrefois, un coupable qui se réfugiait dans une église n'était pas livré à la justice!

Cette protection serait elle possible de nos jours? Par principe, Oui, mais pratiquement, Non. Même ouvertes, les églises sont vides en dehors des cérémonies. La police pourrait y pourchasser un délinquant, sans état d'âme, en plus!

Sceptique