J'ai ouvert très tôt, ce matin, mon "étrange lucarne", et je suis tombé sur des images des faits de la journée, de leurs acteurs, de leurs échanges avec les journalistes de la chaine d'information.

Un gilet jaune représentait le mouvement. À chaque question, il répétait, sans véhémence, qu' "Ils" iraient jusqu'au bout, le pouvoir.

J'ai été frappé par son regard, fixe, derrière ses grosses lunettes de myope. Il me rappelait.....une personnalité qui avait joué un rôle majeur de 1933 à 1945, et qui a fini au bout d'une corde. Brrrr!

Pour autant, je ne crois pas à une typologie des dictateurs, ou de leur serviteurs. Leur projet est dans leur manière d'être, de porter une certitude, absolue.

Ce que disent depuis le début du mouvement les acteurs "lambda", le plus souvent anonymes, ou dont le nom échappe vite à la mémoire, comme le reste du discours, répétitif, obstiné.

Ceux qui se heurtent, sur le terrain, le champ de bataille, à ces combattants, mesurent leur rage. Mais le Président Macron use toujours de sa gentillesse, de son charme, pour tout dire, de la brosse à reluire.

C'est dans sa nature, son éducation, mais ça ne risque pas de faire mal, de faire réfléchir. Il réagit ainsi depuis le début, refusant de dramatiser la situation, comptant sur la raison de ses ennemis.

Hélas, il va falloir qu'il se fâche. Pour commencer, qu'il révise sa connaissance de l'histoire des totalitarismes des années 1930, qu'il a d'ailleurs évoquées récemment. Il avait raison, mais on l'a moqué. Que tous ceux qui se sont moqués réapprennent les raisons de combattre, sans états d'âme.

Le totalitarisme est niché dans la tête de tout homme, qui se façonne une opinion, qui a vocation à se faire conviction, puis, certitude. La testostérone, encore, et toujours.

Mais de même que les règles sociales recadrent ces tendances primaires, la nécessité de la paix civile impose une vigilance contre les mises en actes des pensées absolues.

La "civilisation" ne leur oppose qu'une molle résistance. De plus, le peuple demande du dur, pas du mou. Il ne pense pas spontanément aux excès du dur. Quand il est aux manettes, il est trop tard.

Un tendre peut se faire dur par raison, par nécessité. Un dur le restera, au delà du nécessaire. Fait de nature, encore.

Au fil des millénaires, les hommes sont parvenus à contenir leur animalité, les excès de leur cerveau reptilien. Mais chacun, chaque groupe, a sous sa responsabilité son niveau de civilisation.

De temps en temps, c'est une menace venant de l'extérieur, ou de l'intérieur, comme aujourd'hui,  qui oblige  le responsable à se mettre en état de la combattre, d'alerter son peuple, de le mobiliser. 

Même si l'histoire est riche en conduites d'échec, en passivités coupables, la statistique ne désigne pas la bonne conduite!

C'est Noël, ce soir à Minuit, mais la fête pourrait tourner mal. Gouverner, c'est prévoir! Le pire.

Sceptique